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Nouvelle règle chômage du 1er avril 2026 : qui peut ouvrir des droits avec 5 mois de travail ?
Nouvelle règle chômage du 1er avril 2026 : qui peut ouvrir des droits avec 5 mois de travail ?
Depuis le 1er avril 2026, une nouvelle règle d’assurance chômage permet à certains demandeurs d’emploi dits « primo-entrants » d’ouvrir un droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) avec 5 mois de travail, soit 108 jours travaillés ou 758 heures, au lieu des 6 mois exigés par la règle générale. Cette mesure ne concerne pas tous les nouveaux inscrits à France Travail : elle vise les personnes qui n’ont pas bénéficié d’une ouverture de droits à l’ARE au cours des vingt années précédant leur demande et dont la fin de contrat entre dans le champ temporel de la réforme.
Ce guide pratique a été vérifié en septembre 2026 à partir de l’Unédic, de France Travail et de Légifrance. Il permet de déterminer rapidement si la règle des 5 mois peut s’appliquer, sans confondre cette dérogation avec les conditions ordinaires de l’assurance chômage.
La règle applicable dépend notamment de la date de fin du contrat, de la durée travaillée et de l’existence ou non d’une ouverture de droits à l’ARE au cours des vingt dernières années.
L’essentiel : qui peut bénéficier de la règle des 5 mois ?
La mesure entrée en application pour les fins de contrat à compter du 1er avril 2026 concerne les primo-entrants à l’Assurance chômage. Dans la réglementation, il ne s’agit pas simplement d’une personne qui s’inscrit pour la première fois à France Travail. Le critère porte sur l’historique d’indemnisation : le demandeur ne doit pas avoir bénéficié d’une admission à l’ARE au cours des vingt années précédant le dépôt de sa demande.
Lorsque cette condition est remplie, France Travail vérifie d’abord si le demandeur atteint la durée d’affiliation de droit commun, soit 130 jours travaillés ou 910 heures, environ 6 mois. S’il n’atteint pas ce seuil, l’organisme peut alors rechercher la condition dérogatoire réservée aux primo-entrants : 108 jours travaillés ou 758 heures, soit environ 5 mois.
Tableau rapide : ancienne règle générale et dérogation du 1er avril 2026
Situation
Durée minimale de travail
Période de recherche
Durée minimale d’indemnisation
Règle de droit commun
130 jours ou 910 heures, environ 6 mois
24 mois, ou 36 mois à partir de 55 ans
182 jours, soit 6 mois
Primo-entrant bénéficiant de la dérogation
108 jours ou 758 heures, environ 5 mois
24 mois, ou 36 mois à partir de 55 ans
152 jours, soit 5 mois
Le passage de 6 à 5 mois ne signifie donc pas que toute personne ayant travaillé cinq mois devient automatiquement indemnisable. La durée d’activité n’est qu’une condition parmi plusieurs.
Checklist : êtes-vous probablement concerné ?
Votre contrat de travail a pris fin à compter du 1er avril 2026, ou une procédure de licenciement vous concernant a été engagée à compter de cette date.
Vous n’avez pas bénéficié d’une ouverture de droits à l’ARE au cours des vingt années précédant votre demande.
Vous ne totalisez pas les 130 jours ou 910 heures nécessaires au titre de la règle générale.
Vous totalisez néanmoins au moins 108 jours travaillés ou 758 heures sur la période de référence.
Vous remplissez les autres conditions d’accès à l’ARE : perte involontaire d’emploi, inscription comme demandeur d’emploi, recherche effective d’emploi, aptitude au travail et absence de situation permettant déjà une retraite à taux plein selon les règles applicables.
Si toutes ces cases correspondent à votre situation, la règle du 1er avril 2026 mérite d’être examinée par France Travail.
Que signifie exactement « primo-entrant » ?
Le terme peut prêter à confusion. Il ne signifie pas nécessairement « premier emploi » ni « première inscription à France Travail ». Une personne qui s’était déjà inscrite comme demandeur d’emploi sans jamais ouvrir de droits à l’ARE peut encore être considérée comme primo-entrante si elle répond au critère des vingt années.
À l’inverse, une personne qui touche le chômage pour la première fois depuis dix ans n’est pas primo-entrante au sens de cette dérogation si elle avait déjà obtenu une ouverture de droits à l’ARE au cours de cette période de vingt ans.
Exemple : 120 jours travaillés, jamais indemnisé auparavant
Thomas termine un CDD le 15 mai 2026. Il totalise 120 jours travaillés au cours des 24 mois précédents et n’a jamais bénéficié de l’ARE. Il n’atteint pas les 130 jours exigés par le droit commun, mais dépasse les 108 jours de la dérogation. Sous réserve des autres conditions, France Travail peut ouvrir ses droits sur la base de la règle des primo-entrants.
Exemple : 120 jours travaillés, ARE perçue il y a dix ans
Élodie termine son contrat en juin 2026 et totalise elle aussi 120 jours travaillés. Elle avait toutefois déjà ouvert des droits à l’ARE dix ans auparavant. Elle ne remplit ni la condition générale de 130 jours ni la condition spécifique réservée aux primo-entrants. La seule règle des 5 mois ne lui permet donc pas d’ouvrir un nouveau droit.
Quelle date de fin de contrat faut-il regarder ?
La mesure est applicable aux salariés privés d’emploi dont la fin de contrat intervient à compter du 1er avril 2026. L’Unédic précise qu’en cas de licenciement, elle peut également s’appliquer lorsque la procédure de licenciement a été engagée à compter du 1er avril 2026.
Cette précision est importante pour les personnes dont le préavis ou la procédure chevauche la date d’entrée en vigueur. Une fin de contrat proche du 1er avril ne suffit pas à conclure sans examiner le calendrier exact de la rupture.
Sur quelle période France Travail recherche-t-il les 5 mois ?
Les 108 jours ou 758 heures ne doivent pas nécessairement être continus. Ils sont recherchés dans la période de référence utilisée pour l’affiliation :
24 mois précédant la fin du contrat pour les demandeurs de moins de 55 ans ;
36 mois pour les demandeurs âgés de 55 ans ou plus à la date de fin du contrat.
Les périodes de travail peuvent avoir été effectuées chez plusieurs employeurs, sous réserve des règles d’assurance chômage sur les périodes déjà utilisées pour une indemnisation et des autres règles de prise en compte de l’activité.
La durée d’indemnisation est-elle aussi ramenée à 5 mois ?
Oui, lorsque l’ouverture de droits repose précisément sur la condition dérogatoire des 5 mois, la durée minimale d’indemnisation est fixée à 152 jours calendaires, soit 5 mois. Pour le droit commun, la durée minimale est de 182 jours, soit 6 mois.
Il faut distinguer « durée minimale » et « durée réelle de vos droits ». Le nombre de jours effectivement indemnisables dépend de votre parcours professionnel et des règles générales de calcul. La réforme ne garantit donc pas à tous les primo-entrants exactement 152 jours : elle fixe le plancher applicable lorsqu’un droit est ouvert grâce à la condition dérogatoire.
Le montant de l’ARE est-il calculé différemment ?
Non. La mesure modifie la condition minimale d’affiliation, pas la formule générale de calcul de l’allocation. Selon l’Unédic, les modalités de calcul de l’ARE sont identiques pour un primo-entrant bénéficiant de la dérogation et pour un allocataire relevant du droit commun.
Les salaires retenus sont examinés sur la période de référence applicable, primes comprises lorsqu’elles entrent dans le salaire de référence selon les règles d’assurance chômage. Le versement de l’ARE reste mensualisé sur une base de 30 jours calendaires, quel que soit le nombre de jours du mois.
Quelles autres conditions restent obligatoires ?
Avoir travaillé cinq mois ne suffit pas. Le demandeur doit toujours remplir les conditions générales de l’ARE. Il doit notamment être inscrit comme demandeur d’emploi, être involontairement privé d’emploi, être apte au travail et accomplir des démarches effectives et permanentes de recherche d’emploi.
Une démission ordinaire n’ouvre donc pas automatiquement droit à l’ARE au seul motif que cinq mois ont été travaillés. Les règles spécifiques concernant les démissions légitimes, les reconversions, les fins de période d’essai ou les autres modes de rupture continuent de s’appliquer.
Qui n’est pas couvert par cette nouvelle règle ?
La dérogation des primo-entrants ne s’applique pas à une personne qui a déjà bénéficié d’une ouverture de droits à l’ARE au cours des vingt années précédentes. Les personnes résidant à Mayotte ne sont pas couvertes par cette mesure telle qu’elle est présentée par l’Unédic. L’Unédic précise également que les allocataires ayant bénéficié d’une ouverture de droits au titre de l’allocation des travailleurs indépendants (ATI) ne sont pas concernés par cette disposition.
Il faut également distinguer les primo-entrants des travailleurs saisonniers. Ceux-ci disposent eux aussi, sous conditions, d’une affiliation minimale de 108 jours ou 758 heures lorsqu’elle est justifiée exclusivement par des contrats saisonniers. Le fondement et les critères ne sont toutefois pas identiques. Une personne ne doit donc pas conclure qu’elle relève du régime primo-entrant simplement parce qu’elle a travaillé cinq mois en saison.
Pourquoi cette règle n’était-elle pas appliquée plus tôt ?
La convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024 avait prévu cet assouplissement pour les primo-entrants. Mais les dispositions correspondantes n’avaient pas été agréées à l’origine, faute de base légale permettant de moduler la durée minimale d’affiliation selon l’existence d’une indemnisation antérieure.
La loi du 24 octobre 2025 a ensuite créé cette base juridique. Le décret n° 2026-214 et l’arrêté d’agrément du 28 mars 2026 ont permis la mise en œuvre opérationnelle de la mesure à compter du 1er avril 2026. L’Unédic retrace cette entrée en vigueur.
Que faire si vous avez entre 5 et 6 mois de travail ?
Le cas typique visé par la réforme est celui d’une personne qui a suffisamment travaillé pour atteindre 108 jours ou 758 heures, mais pas assez pour atteindre les 130 jours ou 910 heures du droit commun. Si votre contrat s’est terminé à partir du 1er avril 2026 et que vous n’avez pas eu de droits ARE ouverts depuis vingt ans, il est utile de vous inscrire rapidement à France Travail et de demander l’étude de vos droits.
France Travail indique qu’une personne qui s’inscrit pour la première fois remplit sa demande d’allocation en même temps que son inscription. L’organisme examine alors d’abord la condition de droit commun, puis la dérogation si elle est pertinente.
Checklist avant l’inscription ou la demande d’ARE
Notez la date exacte de fin de votre dernier contrat.
En cas de licenciement, conservez les documents permettant d’identifier la date d’engagement de la procédure.
Vérifiez si vous avez déjà bénéficié d’une ouverture de droits ARE au cours des vingt dernières années.
Rassemblez vos attestations employeur et vos périodes d’activité récentes.
Comparez votre durée travaillée aux seuils de 130 jours/910 heures puis, si nécessaire, de 108 jours/758 heures.
Ne supposez pas que 5 mois de travail suffisent si votre perte d’emploi est volontaire ou si une autre condition générale n’est pas remplie.
À retenir
La nouvelle règle chômage du 1er avril 2026 n’est pas une baisse générale de 6 à 5 mois pour tous les demandeurs d’emploi. Il s’agit d’une dérogation ciblée pour les primo-entrants qui n’ont pas bénéficié de droits à l’ARE au cours des vingt dernières années. France Travail recherche d’abord les 6 mois de droit commun ; si ce seuil n’est pas atteint, il peut ouvrir un droit à partir de 5 mois de travail lorsque toutes les conditions sont réunies.
Le seuil pratique est de 108 jours travaillés ou 758 heures sur 24 mois, ou sur 36 mois pour les personnes de 55 ans et plus. Lorsque le droit est ouvert sur cette base, la durée minimale d’indemnisation est de 152 jours. Pour un cas proche de la date du 1er avril, un historique d’indemnisation ancien ou une rupture particulière du contrat, la décision de France Travail reste déterminante.