Pourquoi l'indice SMI pourrait progresser : quels sont les facteurs qui pourraient alimenter la prochaine hausse ?

Scénario de base : l’indice SMI pourrait encore progresser lentement vers les 14 000 points au cours des 6 à 12 prochains mois, mais une percée durable au-dessus du sommet de février 2026 (14 014,3 points) nécessitera probablement plus que de simples flux défensifs. Avec un indice SSMI (^SSMI) à 13 220,17 points le 15 mai 2026 et une valorisation publique proche de 21,06 fois les bénéfices, la prochaine hausse dépendra de la solidité des bénéfices, d’une faible inflation en Suisse et d’une demande soutenue pour les dividendes suisses.

Chemin de base

13 600 à 14 200

Probabilité de 45 % si la désinflation suisse et le soutien aux dividendes se maintiennent

Étirement vers le haut

14 500 à 15 000

Probabilité de 35 % si l'indice repasse au-dessus de 14 014,3 et que les bénéfices restent stables

risque de repli

12 300 à 13 200

20 % de probabilité si le multiple de prime diminue

lentille principale

Réévaluation défensive

La qualité suisse est toujours au rendez-vous, mais le marché n'est pas bon marché.

01. Contexte historique

Le scénario de reprise commence à partir d'un marché solide mais non bon marché.

L'indice SMI tente de prolonger une hausse qui l'a déjà porté près du sommet de sa fourchette décennale. Les données graphiques de Yahoo Finance montrent que ^SSMI a clôturé à 13 220,17 le 15 mai 2026, contre un plus bas mensuel de 7 827,74 et un plus haut mensuel de 14 014,30 atteint en février 2026. L'indice se situe ainsi à seulement 5,7 % de son récent sommet, ce qui est important car les hausses sont plus faciles à maintenir à partir de niveaux bas que de niveaux déjà élevés.

Tableau de bord des rallyes basé sur les données pour l'indice SMI
Les perspectives haussières pour SMI restent d'actualité, mais elles reposent désormais sur une discipline d'évaluation, une stabilité macroéconomique et une confiance continue dans les valeurs défensives suisses.
Cadre de l'indice SMI selon les horizons temporels des investisseurs
HorizonCe qui compte le plusÉvaluation actuelleQu'est-ce qui affaiblirait la thèse ?
1 à 3 moisConfirmation macroéconomique et réévaluation des risquesL’IPC suisse était de 0,3 % en glissement annuel en mars 2026, l’inflation sous-jacente était de 0,4 % et le chômage en avril 2026 était de 3,0 %.L’inflation ou le chômage s’aggravent tandis que le marché continue de se négocier sur un multiple élevé.
6 à 12 moisrésilience des bénéfices et soutien aux dividendesUBS a publié un objectif de base SMI de 14 000 pour décembre 2026 et a souligné le rendement du dividende suisse autour de 3,2 % le 24 mars 2026.Les valeurs défensives des secteurs de la santé et de la consommation à forte capitalisation ne respectent pas leurs prévisions ou la confiance dans les dividendes s'érode.
Jusqu'en 2027La qualité suisse peut-elle continuer à progresser ?Le SECO prévoit toujours une croissance du PIB suisse de 1,0 % en 2026 et de 1,7 % en 2027, ce qui implique un contexte macroéconomique lent mais stable.La demande extérieure faiblit suffisamment pour forcer une réinitialisation des valorisations au lieu d'une progression constante à la hausse.

SIX décrit le SMI comme un indice de référence composé de 20 valeurs, représentant environ 75 % de la capitalisation boursière suisse, avec une pondération individuelle plafonnée à 18 % par trimestre. Cette concentration est essentielle. La prochaine reprise boursière ne dépend pas d'un boom technologique généralisé ; elle repose principalement sur la capacité des grandes valeurs défensives et du secteur de la santé composant l'indice à maintenir des bénéfices et des dividendes suffisants pour justifier leur prime.

Les performances à long terme confirment cette idée. Sur l'ETF de référence iShares SMI (CH), le rendement annualisé sur 10 ans était de 8,54 % en CHF au 30 avril 2026, et le rendement cumulé sur 10 ans atteignait 126,83 %. L'argument haussier repose donc moins sur la découverte d'un nouveau marché que sur la prolongation d'une stratégie de capitalisation éprouvée sans surpayer.

02. Forces clés

Cinq forces susceptibles de maintenir le rallye en cours

Le principal facteur de soutien reste le contexte inflationniste. L'Office fédéral de la statistique suisse a annoncé un IPC de 0,3 % en glissement annuel pour mars 2026 et une inflation sous-jacente de 0,4 %. Les prévisions de SECO du 18 mars 2026 tablaient sur un IPC moyen de 0,4 % pour 2026 et de 0,5 % pour 2027. Pour un marché de qualité comme celui de la Suisse, une faible inflation est essentielle car elle limite les pressions en faveur d'une forte hausse des taux d'escompte.

Deuxièmement, le marché du travail ne présente aucun signe de récession. Le SECO a annoncé un taux de chômage de 3,0 % pour avril 2026, en baisse de 0,1 point de pourcentage par rapport à mars (en glissement mensuel), même s'il reste supérieur au niveau de 2,8 % enregistré un an plus tôt. Ce contexte n'est pas propice à une forte croissance, mais il est suffisamment favorable pour étayer le scénario de base selon lequel l'indice SMI continue de progresser plutôt que de s'effondrer.

Troisièmement, le potentiel de dividende reste bien réel. L'ETF iShares SMI, utilisé comme indicateur, affichait un rendement de distribution de dividendes sur 12 mois glissants de 2,59 % au 14 mai 2026. UBS a fait valoir le 24 mars 2026 que les actions suisses offraient toujours un rendement de dividende attractif d'environ 3,2 %, justifiant notamment le relèvement de sa recommandation sur les actions suisses à « Attractif » et l'abaissement de celle sur les marchés européens plus cycliques à « Neutre ».

Quatrièmement, les objectifs institutionnels laissent encore entrevoir un potentiel de hausse. L'indicateur mensuel étendu d'UBS du 22 janvier 2026 maintient un objectif central de 14 000 pour l'indice SMI en décembre 2026, un scénario optimiste à 15 000 et un scénario pessimiste à 10 500. L'indice s'établissant à 13 220,17 le 15 mai, l'objectif de base suggère toujours un potentiel de hausse, tandis que le scénario optimiste reste atteignable si la stabilité macroéconomique se maintient et que les bénéfices se maintiennent.

Cinquièmement, la solidité des actifs suisses continue de se traduire par des résultats concrets, et non par une simple réputation. Le rapport annuel 2025 de Roche fait état d'un chiffre d'affaires de 61,5 milliards de francs suisses et d'un résultat d'exploitation courant de 21,8 milliards de francs suisses, tandis que Novartis annonce un chiffre d'affaires net de 54,5 milliards de dollars et un BPA courant de 8,98 dollars, en hausse de 15 % en dollars. Ce potentiel de croissance est certes plus ciblé qu'une réévaluation conjoncturelle générale, mais il est aussi plus durable dans un contexte de faible inflation et d'incertitudes politiques ailleurs.

Méthode de notation actuelle pour l'indice SMI
FacteurÉvaluation actuelleBiaisDéclencheur haussierDéclencheur baissier
Procuration d'évaluationL'iShares SMI ETF (CH) affichait un ratio cours/bénéfice de 21,06x et un ratio cours/valeur comptable de 4,03x au 14 mai 2026.NeutreLes bénéfices continuent de justifier la prime et le marché accepte des multiples supérieurs à 20.Les investisseurs cessent de surpayer les valeurs défensives et les multiples se compriment en premier.
Régime inflationnisteL'IPC de mars 2026 était de 0,3 % et l'inflation sous-jacente de 0,4 %.HaussierL'inflation en Suisse se maintient dans la fourchette de prévision de 0,4 à 0,5 % établie par le SECO.L'inflation importée ou les pressions sur le secteur de l'énergie font grimper les rendements réels.
marché du travailLe taux de chômage en avril 2026 était de 3,0 %.NeutreLe chômage se stabilise aux alentours de 3,0 % et la demande intérieure évite un net ralentissement.Le chômage augmente sensiblement au-dessus de 3,0 % et la faiblesse de la consommation s'accentue.
Soutien aux dividendesLe rendement des ETF glissants était de 2,59 % ; UBS a cité environ 3,2 % pour les actions suisses.HaussierLes grandes capitalisations à dividendes élevés continuent d'attirer des capitaux défensifs.La confiance dans les versements diminue ou les alternatives aux obligations deviennent plus intéressantes.
Positionnement par rapport aux ciblesL'indice SMI est inférieur à la fois au sommet de février (14 014,3) et au scénario de hausse à 15 000 points d'UBS.NeutreL'indice reprend 14 014,3 et élargit la participation.Le rallye s'enlise sous l'ancien sommet et se transforme en une succession de tentatives de percée infructueuses.

L'essentiel est que le scénario haussier ne repose pas sur une croissance fulgurante du PIB. Il requiert une faible inflation, un marché du travail stable et une pérennité suffisante des bénéfices pour que les investisseurs continuent de considérer les valeurs vedettes suisses comme un refuge sûr et rentable.

03. Contre-étui

Qu'est-ce qui pourrait interrompre le rassemblement ?

Le principal risque est simple : la valorisation joue déjà un rôle prépondérant. Un ratio cours/bénéfice public de 21,06 et un ratio cours/valeur comptable de 4,03 indiquent que SMI n’aborde pas la prochaine phase à un niveau avantageux. Si les révisions des bénéfices se stabilisent ou si l’appétit pour le risque mondial se tourne vers des marchés cycliques moins chers, l’indice de référence pourrait stagner, même avec des indicateurs macroéconomiques suisses stables.

Le second risque réside dans la faiblesse de la demande hors de Suisse. Les prévisions de SECO de mars 2026 indiquaient encore une croissance des exportations de biens de seulement 1,0 % en 2026, avant un rebond à 3,9 % en 2027. Cette situation est cohérente avec un contexte international morose. La Suisse étant une économie ouverte, l'indice n'a pas besoin d'une récession intérieure pour subir des pressions.

Troisièmement, le climat actuel n'est pas suffisamment clair pour écarter tout risque de baisse. Selon SECO, l'indice de confiance des consommateurs s'établissait à -40 en avril 2026. Bien que meilleur qu'un an auparavant, il restait négatif en valeur absolue. Un marché se négociant près de son plus haut niveau en dix ans, dans un contexte de morosité des consommateurs, est vulnérable si les investisseurs exigent davantage de preuves.

Liste de contrôle des risques actuels pour la thèse haussière
RisqueDernières donnéesPourquoi c'est importantpolarisation actuelle
Risques multiples premiumRatio cours/bénéfice de 21,06 et ratio cours/valeur comptable de 4,03 au 14 mai 2026Cela limite les risques de déception si la dynamique des bénéfices s'essouffle.Baissier
Douceur domestiqueLe moral des consommateurs était de -40 en avril 2026.Des signes indiquant que la confiance intérieure reste faible malgré une faible inflation.Neutre
traînée de la demande externeSECO prévoit une croissance du PIB de 1,0 % en 2026 et une croissance des exportations de biens de 1,0 %.Cela implique que l'économie est stable, et non en pleine expansion, donc la marge de réévaluation est limitée.Neutre
ConcentrationSelon SIX, SMI détient 20 actions représentant environ 75 % de la capitalisation boursière suisse.Un petit nombre de poids lourds peuvent décider si le rallye s'étend ou échoue.Baissier

Une hausse à partir d'ici n'est intéressante pour un investisseur que si l'indice continue de générer une prime. Si le prix augmente mais que les données cessent de s'améliorer, la situation passe d'une capitalisation de la qualité à un risque lié à la valorisation.

04. Perspective institutionnelle

Que dit en réalité la recherche institutionnelle ?

UBS propose la cartographie publique la plus claire des scénarios possibles pour SMI. Dans sa prévision mensuelle étendue du 22 janvier 2026, UBS a maintenu un objectif central de 14 000 points pour décembre 2026, avec un scénario optimiste à 15 000 points et un scénario pessimiste à 10 500 points. Ce point est important car il présente la situation actuelle comme constructive mais encadrée, et non comme une hausse continue.

UBS a ensuite adopté une approche plus sélective en Europe. Dans une séance de questions-réponses du 24 mars 2026, la banque a relevé sa recommandation sur les actions suisses et le secteur de la santé européen à « Attractif », arguant que ces deux marchés avaient chuté de plus de 10 % depuis le début du conflit et que le rendement du dividende suisse, d'environ 3,2 %, pourrait contribuer à stabiliser les rendements. Les prévisions de SECO du 18 mars 2026 ont conforté l'idée que la Suisse offre une croissance inférieure à la moyenne, mais constitue néanmoins un corridor macroéconomique exploitable pour les valeurs défensives, avec un PIB de 1,0 % en 2026 et de 1,7 % en 2027.

Contributions institutionnelles nommées utilisées dans cette analyse
Institution / sourceMis à jourCe que cela ditPourquoi c'est important ici
UBS House View Mensuel Prolongé22 janvier 2026Objectif central du SMI décembre 2026 : 14 000, potentiel de hausse : 15 000, potentiel de baisse : 10 500Fournit une carte de scénarios publique qui laisse encore entrevoir une hausse par rapport à 13 220,17.
Questions-réponses d'UBS sur l'Europe et la Suisse24 mars 2026Les actions suisses sont désormais considérées comme attractives ; le rendement du dividende suisse, autour de 3,2 %, est mis en avant.Cela montre pourquoi les investisseurs institutionnels peuvent encore privilégier la Suisse dans un contexte européen fragile.
Prévisions économiques du SECO18 mars 2026Croissance du PIB suisse de 1,0 % en 2026 et de 1,7 % en 2027 ; IPC de 0,4 % en 2026 ; taux de chômage de 3,0 % en 2026Définit le corridor macroéconomique qui doit se maintenir pour que la thèse du rallye reste crédible.
iShares SMI ETF (CH)14-15 mai 2026PER 21,06, PER 4,03, rendement sur 12 mois glissants 2,59 %Cela montre que le marché a encore du potentiel de hausse, mais pas à partir d'un point de départ avantageux.

Le message général est qu'une hausse de l'indice SMI est plausible, mais que la voie est étroite : une inflation stable, des dividendes résilients et aucune déception significative en termes de bénéfices de la part des poids lourds de l'indice.

05. Scénarios

Scénarios concrets pour les 6 à 12 prochains mois

Pour les investisseurs actuels, le scénario de base reste favorable à une approche constructive, mais il met également en garde contre l'interprétation systématique de chaque hausse comme une nouvelle opportunité d'achat à bas prix. Une progression vers 14 000 points est cohérente avec les données macroéconomiques et d'évaluation actuelles. Un dépassement significatif de ce seuil nécessiterait des preuves plus solides que celles actuellement observées par le marché.

Pour attirer de nouveaux capitaux, les configurations les plus favorables sont soit une percée confirmée au-dessus du sommet de février, soutenue par des résultats positifs, soit un repli, dû à une correction de la valorisation, vers le début des 13 000 points, qui réajuste les anticipations. La situation intermédiaire est exploitable, mais n'offre pas la marge la plus élevée.

Scénarios de rallye SMI pondérés par la probabilité
ScénarioProbabilitéPlage de travailDéclencheur mesuréFenêtre d'examen
Taureau35%14 500 à 15 000L'indice SMI se maintient au-dessus de 14 014,3, l'IPC suisse reste proche de 0,3-0,5 % et les valeurs défensives à grande capitalisation affichent des bénéfices stables jusqu'en 2026.Révision après les saisons de reporting du S1 et du T3 2026 et chaque mise à jour des prévisions SECO.
Base45%13 600 à 14 200L'indice se rapproche de près de l'objectif central de 14 000 fixé par UBS, tandis que le PIB reste proche des prévisions de SECO (1,0 %) pour 2026 et que le chômage se maintient autour de 3,0 %.À examiner mensuellement après la publication des indices des prix à la consommation et des données sur l'emploi, et trimestriellement après la publication des résultats.
Ours20%12 300 à 13 200Le moral des consommateurs reste proche de -40, les révisions des bénéfices s'atténuent, ou les investisseurs cessent d'accepter un multiple de bénéfices supérieur à 20.Réexaminer le cours après toute clôture hebdomadaire inférieure à 12 900 et après la publication des résultats des principales entreprises à forte capitalisation.

L'argument le plus convaincant en faveur de l'optimisme n'est pas que l'indice SMI doive bondir immédiatement. Il repose plutôt sur le fait que cet indice de référence dispose encore d'une marge de progression crédible si la faible inflation et la qualité des dividendes suisses continuent de compenser une croissance économique modérée.

Si ces supports s'affaiblissent, la bonne réaction n'est pas de rester fidèle à la stratégie actuelle. Il s'agit plutôt d'adopter une approche moins optimiste quant à la hausse et de revenir plus rapidement à une stratégie de protection du capital.

Références

Sources