01. Contexte historique
Le scénario pessimiste part d'un marché dont les prix reflètent encore la qualité.
L'indice SMI ne semble pas avoir atteint son niveau maximal. Les données graphiques de Yahoo Finance indiquent que l'indice ^SSMI s'établissait à 13 220,17 le 15 mai 2026, contre une fourchette mensuelle sur 10 ans allant de 7 827,74 à 14 014,30. Autrement dit, l'indice se maintient près de son plus haut historique sur dix ans, même après avoir reculé par rapport au sommet de février 2026. Cela laisse entrevoir une marge de repli plus importante si les investisseurs estiment que la prime de sécurité est devenue trop élevée.
| Horizon | Ce qui compte le plus | Évaluation actuelle | Qu'est-ce qui renforcerait la thèse pessimiste ? |
|---|---|---|---|
| 1 à 3 mois | Évaluation et appétit pour le risque | L'iShares SMI ETF (CH) affichait un ratio cours/bénéfice de 21,06x, un ratio cours/valeur comptable de 4,03x et un rendement sur les 12 derniers mois de 2,59 % au 14 mai 2026. | Les investisseurs cessent de payer des multiples élevés pour une exposition à faible bêta. |
| 6 à 12 mois | révisions de la demande extérieure et des bénéfices | SECO prévoit toujours une croissance du PIB de 1,0 % en 2026, avec une croissance des exportations de biens de seulement 1,0 % cette année. | La croissance mondiale faiblit suffisamment pour exercer une pression simultanée sur les exportateurs et les valeurs défensives suisses. |
| Jusqu'en 2027 | La prime de qualité peut-elle survivre à une croissance plus lente ? | UBS a maintenu un scénario pessimiste pour l'indice SMI en décembre 2026, avec un objectif de 10 500 points, tout en conservant un objectif central de 14 000 points. | Le marché passe du respect de l'objectif central à la prise en compte du scénario de baisse. |
Selon SIX, l'indice SMI comprend 20 valeurs et représente environ 75 % de la capitalisation boursière suisse. Cette concentration présente un double tranchant. Elle est bénéfique en période de calme, car les valeurs défensives peuvent surperformer l'indice, mais elle signifie aussi qu'un petit nombre de titres peuvent entraîner l'ensemble de l'indice de référence à la baisse si leurs multiples de valorisation s'effondrent.
Les performances à long terme sont bonnes, ce qui explique précisément pourquoi une baisse peut survenir sans effondrement macroéconomique majeur. L'ETF de référence iShares SMI a affiché un rendement annualisé de 8,54 % sur les 10 dernières années, au 30 avril 2026. Lorsqu'un marché présentant de tels antécédents évolue près du haut de sa fourchette, la déception se manifeste souvent d'abord par une compression des valorisations, et non par une catastrophe fondamentale manifeste.
02. Forces clés
Cinq facteurs baissiers susceptibles de faire baisser l'indice
Le premier facteur baissier est le multiple initial. Un ratio cours/bénéfice public de 21,06 et un ratio cours/valeur comptable de 4,03 ne sont gérables que tant que les investisseurs sont disposés à payer un prix élevé pour la stabilité de la Suisse. Si les rendements obligataires mondiaux ou l'appétit pour le risque sur les actions évoluent à l'encontre de cette préférence, l'indice SMI pourrait chuter même si les entreprises qui le composent restent rentables.
Deuxièmement, les fondamentaux macroéconomiques sont stables, mais loin d'être robustes. Les prévisions de SECO du 18 mars 2026 tablaient sur une croissance du PIB suisse de 1,0 % en 2026 et de 1,7 % en 2027. Cela n'annonce pas de récession, mais n'offre guère de marge de progression fulgurante. Un marché à faible croissance, affichant une prime, serait vulnérable en cas de dégradation du climat économique.
Troisièmement, les données relatives à l'emploi et au moral des consommateurs sont mitigées. Le SECO a annoncé un taux de chômage de 3,0 % en avril 2026, contre 2,8 % un an plus tôt, tandis que le moral des consommateurs s'établissait toujours à -40 en avril 2026. Ces chiffres n'annoncent pas de crise, mais ils montrent que le contexte économique national n'est pas suffisamment solide pour supporter une hausse illimitée des valorisations.
Quatrièmement, l'indice de référence reste lié au cycle mondial par le biais du commerce et des bénéfices. Le tableau prévisionnel de SECO indiquait un ralentissement de la croissance des exportations de biens à 1,0 % en 2026 avant une reprise en 2027. Si la demande extérieure s'affaiblit davantage, les composantes du SMI pourraient perdre la résilience de leurs bénéfices qui justifie leur prime.
Cinquièmement, la marge de manœuvre technique et stratégique est plus réduite que ne le laissent entendre les gros titres. L'indice SMI dépassait déjà les 14 000 points en février 2026, et le scénario pessimiste d'UBS pour décembre 2026 table toujours sur 10 500 points. Cela ne signifie pas pour autant que 10 500 points constitue le scénario de base. Cela signifie simplement que des risques institutionnels importants persistent dans le cadre des travaux de stratégie publique.
| Facteur | Évaluation actuelle | Biais | Déclencheur de baisse | Stabilisateur |
|---|---|---|---|---|
| Procuration d'évaluation | Ratio cours/bénéfice de 21,06 et ratio cours/valeur comptable de 4,03 au 14 mai 2026 | Baissier | Les multiples des primes se contractent même en l'absence de récession. | Les résultats des secteurs défensifs continuent de justifier la prime. |
| Régime inflationniste | L'IPC de mars 2026 était de 0,3 % et l'inflation sous-jacente de 0,4 %. | Neutre | L'inflation importée ou les chocs énergétiques font grimper les rendements et les taux d'actualisation. | La faible inflation maintient les conditions financières suisses relativement favorables. |
| marché du travail | Le taux de chômage en avril 2026 était de 3,0 %, contre 2,8 % un an auparavant. | Baissier | Le chômage dépasse nettement les 3,0 %. | Le taux se stabilise et évite ainsi de signaler un ralentissement plus général. |
| Demande des consommateurs | Le moral des consommateurs s'établissait à -40 en avril 2026. | Baissier | Le moral des ménages se détériore encore et leurs dépenses ralentissent. | Le moral des troupes continue de se redresser après avoir atteint son niveau actuel de déprime. |
| Carte du scénario institutionnel | Objectif central d'UBS : 14 000 points, seuil de baisse : 10 500 points pour décembre 2026 | Neutre | Le marché amorce une tendance baissière. | Le prix se stabilise plutôt autour de l'objectif central. |
La configuration baissière se renforce considérablement si la morosité du marché et la faible croissance prennent le pas sur le dividende et la qualité de l'entreprise. C'est ainsi qu'un repli contrôlé se transforme en une phase de moindre qualité.
03. Contre-étui
Pourquoi le déclin pourrait encore s'arrêter avant une rupture plus importante
Le principal argument contraire est que les données macroéconomiques ne justifient pas encore une prévision pessimiste quant à l'évolution du régime. L'inflation demeure extrêmement faible par rapport aux normes internationales, et les prévisions de SECO pour 2026 maintiennent l'IPC moyen à 0,4 %. Cela réduit la probabilité d'un choc brutal sur les taux d'intérêt en Suisse.
Il est également pertinent de considérer que le plancher du dividende demeure utile. iShares affichait un rendement de 2,59 % sur les douze derniers mois au 14 mai 2026, et UBS a indiqué le 24 mars que le rendement du dividende suisse, d'environ 3,2 %, expliquait en partie l'attrait persistant des actions suisses. Roche a également annoncé un chiffre d'affaires de 61,5 milliards de francs suisses et un résultat d'exploitation courant de 21,8 milliards de francs suisses pour 2025, tandis que Novartis a enregistré un chiffre d'affaires net de 54,5 milliards de dollars et un BPA courant de 8,98 dollars pour 2025. Si les investisseurs mondiaux continuent de privilégier les valeurs refuges génératrices de revenus et de trésorerie dans le secteur de la santé, l'indice SMI pourra absorber davantage de mauvaises nouvelles qu'un indice davantage axé sur la croissance.
Enfin, l'objectif de base public d'UBS restait fixé à 14 000 pour décembre 2026. Ce point est important car le marché n'a pas besoin d'une euphorie haussière excessive pour éviter une nouvelle baisse. Il lui suffit d'une prime de qualité pour conserver sa crédibilité.
| Soutien | Dernières données | Pourquoi c'est important | polarisation actuelle |
|---|---|---|---|
| Faible inflation | IPC mars 2026 : 0,3 %, IPC de base : 0,4 % | Réduit le besoin immédiat d'une réinitialisation majeure du taux d'escompte. | Haussier |
| Soutien aux dividendes | Rendement des ETF glissants : 2,59 % ; UBS cite environ 3,2 % pour les actions suisses. | Contribue à maintenir l'intérêt des investisseurs défensifs même en période de croissance plus faible. | Haussier |
| Cas de base institutionnel | L'objectif central de l'indice SMI d'UBS est de 14 000 pour décembre 2026. | Cela montre que les efforts de stratégie publique ne sont pas encore axés sur un déclin profond. | Neutre |
| Historique des intérêts composés à long terme | Le rendement de référence annualisé sur 10 ans était de 8,54 % au 30 avril 2026. | Historiquement, l'indice SMI s'est souvent redressé lorsque le contexte macroéconomique restait simplement atone, et non catastrophique. | Neutre |
Le scénario pessimiste nécessite donc une confirmation. En l'absence de détérioration des données sur l'emploi, de baisse des bénéfices ou d'une perte manifeste de soutien à la valorisation, l'issue la plus probable est une fluctuation volatile à la baisse, et non un effondrement immédiat.
04. Perspective institutionnelle
Ce que la carte des risques institutionnels implique réellement
L'indicateur baissier public le plus clair provient d'UBS. Dans sa publication mensuelle étendue du 22 janvier 2026, UBS a maintenu son scénario pessimiste pour décembre 2026 concernant l'indice SMI à 10 500, tandis que l'objectif central restait à 14 000 et le scénario optimiste à 15 000. Cela indique aux investisseurs que le scénario pessimiste est réel, mais aussi qu'il nécessite une détérioration plus importante que ne le laissent paraître les seules données actuelles.
Les prévisions de SECO du 18 mars 2026 expliquent pourquoi. Une croissance du PIB suisse de 1,0 % en 2026, un IPC moyen de 0,4 % et un taux de chômage de 3,0 % constituent un contexte de faible croissance, et non de crise. La thèse pessimiste ne se renforce que si ce contexte commence à se dégrader ou si le marché estime que même cette stabilité ne justifie plus un multiple de valorisation supérieur à 20.
| Institution / source | Mis à jour | Ce que cela dit | Pourquoi c'est important ici |
|---|---|---|---|
| UBS House View Mensuel Prolongé | 22 janvier 2026 | Objectif central du SMI décembre 2026 : 14 000, potentiel de hausse : 15 000, potentiel de baisse : 10 500 | Définit une marge de manœuvre crédible en cas de repli, sans prétendre que l'effondrement soit le scénario de base. |
| Questions-réponses d'UBS sur l'Europe et la Suisse | 24 mars 2026 | Les actions suisses sont désormais considérées comme attractives ; le rendement du dividende, proche de 3,2 %, est cité comme un facteur de soutien. | Cela montre pourquoi la thèse baissière a encore besoin d'un catalyseur plus puissant qu'un simple sentiment négatif. |
| Prévisions économiques du SECO | 18 mars 2026 | Croissance du PIB : 1,0 % en 2026, 1,7 % en 2027 ; IPC : 0,4 % en 2026 ; taux de chômage : 3,0 % en 2026 | Le débat sur les risques est axé sur la faible croissance et la valorisation, et non sur une récession confirmée. |
| Données SECO sur le travail et le moral | 7 mai 2026 et 8 mai 2026 | Taux de chômage en avril : 3,0 % ; confiance des consommateurs en avril : -40 | Cela confirme que les données nationales sont suffisamment fragiles pour être surveillées de près, mais qu'elles ne sont pas encore compromises. |
Le message institutionnel est mesuré plutôt que dramatique : un scénario de baisse reste plausible parce que l’indice SMI est cher par rapport à son taux de croissance, et non parce que la Suisse est déjà entrée dans une nette récession macroéconomique.
05. Scénarios
Scénarios pessimistes exploitables pour les 6 à 12 prochains mois
Pour les actionnaires qui réalisent des bénéfices, la question cruciale est de savoir s'il s'agit d'un simple réajustement au sein d'un marché de qualité ou du début d'une correction plus générale des primes. La différence devient manifeste lorsque la valorisation et les données macroéconomiques se détériorent simultanément. Dans ce cas, la protection du capital prime sur toute contestation de la qualification donnée au marché.
Pour les nouveaux investisseurs, attendre une réévaluation plus claire ou une reprise confirmée reste la stratégie la plus judicieuse. Investir dans une lente baisse alors que le marché se négocie encore à près de 21 fois les bénéfices ne revient pas à acheter lors d'une véritable capitulation.
| Scénario | Probabilité | Plage de travail | Déclencheur mesuré | Fenêtre d'examen |
|---|---|---|---|---|
| Ours | 35% | 12 300 à 12 900 | L'indice ne parvient pas à repasser au-dessus de 13 500, le chômage reste à 3,0 % ou plus, et les investisseurs continuent de réduire le multiple de prime par rapport aux niveaux actuels. | Révision après chaque publication des données sur l'IPC et le travail, et après les résultats des principales entreprises à forte capitalisation. |
| Base | 45% | 12 900 à 13 600 | La croissance reste lente mais positive, la faible inflation évite la panique et SMI absorbe sa prime au lieu de s'effondrer. | Examiner mensuellement et après chaque révision des prévisions SECO. |
| Ours à queue | 20% | 10 500 à 12 300 | La croissance mondiale ralentit sensiblement, les valeurs défensives suisses affichent des résultats inférieurs aux attentes et le cours de l'action commence à évoluer dans le sens du scénario pessimiste publié par UBS. | Réexaminer immédiatement toute cassure décisive sous les 12 300 points ou tout cycle de dégradation important. |
La conclusion pessimiste n'est pas que l'indice SMI doive s'effondrer. Elle est que cet indice présente encore suffisamment de risques liés à sa valorisation et à sa concentration pour baisser si les investisseurs estiment que la prime de qualité ne justifie plus son prix.
Si l'inflation reste faible et que les dividendes conservent leur popularité, cette baisse pourrait s'arrêter plus tôt que prévu par les pessimistes. En revanche, si ces supports cèdent, la perspective d'un seuil inférieur à 12 000 points, voire du scénario baissier à 10 500 points évoqué par UBS, deviendra beaucoup plus plausible.
Références
Sources
- Page de cotation Yahoo Finance pour l'indice SMI (^SSMI)
- API de données graphiques sur 10 ans de Yahoo Finance pour l'indice SMI (^SSMI)
- Page de présentation SIX pour l'indice du marché suisse
- page produit de l'ETF iShares SMI (CH)
- Communiqué de presse de l'Office fédéral de la statistique suisse sur l'IPC de mars 2026
- Prévisions économiques du SECO pour la Suisse, 18 mars 2026
- Rapport SECO sur le marché du travail pour avril 2026
- Page d'opinion des consommateurs de SECO
- UBS House View Monthly Extended, publié le 22 janvier 2026
- Questions-réponses d'UBS sur l'Europe et la Suisse, 24 mars 2026
- Rapport annuel de Roche 2025
- Résultats annuels de Novartis 2025