Pourquoi le DAX 40 pourrait progresser davantage : quels sont les facteurs qui pourraient déclencher la prochaine hausse ?

Scénario de base : le DAX 40 conserve une trajectoire crédible vers la zone des 25 000 à 25 800 points au cours des 6 à 12 prochains mois, à condition toutefois que les indicateurs conjoncturels allemands continuent de se stabiliser et que les révisions des bénéfices à l’échelle européenne s’améliorent après un premier trimestre en demi-teinte. L’indice a clôturé à 23 950,57 points le 15 mai 2026, soit 5,27 % en dessous de son pic mensuel de janvier (25 284,26 points) et 5,78 % en dessous de son plus haut sur 52 semaines (25 420,66 points). Par conséquent, la prochaine hausse nécessite désormais une confirmation par les résultats et les données macroéconomiques, et non plus une simple progression des multiples.

Cotes du scénario haussier

43%

Il faut que les révisions des bénéfices et un ralentissement de l'inflation soient compatibles.

probabilités du scénario de base

37%

Échange de gamme si la croissance ne s'améliore que progressivement

Probabilités du scénario pessimiste

20%

Nécessite un nouveau choc inflationniste ou salarial

lentille principale

Suivi des résultats fiscaux et des bénéfices

Ce rallye ne mérite le respect que si le soutien politique se traduit par une distribution plus large des bénéfices.

01. Contexte historique

Le DAX a encore du potentiel de hausse, mais il lui faut un rallye de meilleure qualité que le dernier.

Le DAX a déjà enregistré une performance positive sur le long terme que les investisseurs ne peuvent ignorer. Les données graphiques de Yahoo Finance montrent que l'indice est passé de 9 680,09 le 31 mai 2016 à 23 950,57 le 15 mai 2026, soit une hausse de 147,42 % en dix ans et un rendement annualisé de 9,53 %. Cela signifie que la prochaine phase de hausse ne s'inscrit pas dans une simple reprise post-crise. Il s'agit d'une poursuite de la croissance, qui dépendra de la capacité des bénéfices, du soutien budgétaire et de la demande industrielle à justifier le maintien de l'indice de référence à ses récents sommets.

Visualisation haussière basée sur les données pour le DAX 40
Le scénario haussier est un scénario de confirmation : le DAX est suffisamment proche de ses sommets pour que la prochaine hausse nécessite une plus grande ampleur, une inflation plus modérée et des résultats plus convaincants.
Cadre de progression du DAX 40 selon les horizons temporels des investisseurs
HorizonCe qui compte le plusQu'est-ce qui renforcerait la thèse ?Qu'est-ce qui affaiblirait la thèse ?
1 à 3 moisTrajectoire de l'inflation, ton de la BCE et perspectives pour le deuxième trimestreLe DAX repasse la barre des 24 500 points tandis que l’IPC allemand ralentit et que les prévisions se stabilisent.L'inflation reste élevée et l'indice passe à plusieurs reprises sous la résistance.
6 à 12 moisRévisions des bénéfices et participation dans tous les secteursLes révisions positives s'étendent au-delà d'une poignée de noms industriels et liés à l'IA.Les chiffres consensuels restent élevés tandis que la croissance réelle demeure médiocre.
Jusqu'en 2027Que le soutien budgétaire se traduise par une croissance réelle des flux de trésorerieLes investissements massifs de l'Allemagne stimulent la demande intérieure sans raviver les craintes liées à sa politique monétaire.L'augmentation des dépenses publiques est compensée par les coûts de l'énergie, la faiblesse des exportations ou une inflation persistante.

La page STOXX DAX décrit l'indice comme un indicateur de performance intégrant les dividendes et plafonnant la pondération de chaque valeur à 15 %. Elle cite également Siemens, Allianz, SAP, Siemens Energy, Airbus, Deutsche Telekom, Munich Re, Infineon, Rheinmetall et Deutsche Bank parmi ses dix principales composantes. Cette composition est importante car elle permet à l'indice de s'exposer à l'automatisation industrielle, aux logiciels d'entreprise, aux infrastructures énergétiques, aux semi-conducteurs, à la finance et à la défense. Le potentiel de hausse est d'autant plus fort si plusieurs de ces piliers participent simultanément à la progression de l'indice.

La valorisation n'est pas alarmante, mais elle reste acceptable si la croissance s'améliore. Goldman Sachs Research indiquait le 15 janvier 2026 que les marchés européens se négociaient à 15 fois les bénéfices de 2026, soit environ le 70e ou le 71e percentile de leur historique sur 25 ans. La page de Simply Wall St consacrée au marché allemand, mise à jour le 16 mai 2026 à partir des données de S&P Global Market Intelligence, affichait un PER agrégé de 17,2 pour le marché allemand et des prévisions de croissance des bénéfices de 17 % par an. Cette situation laisse entrevoir un potentiel de hausse, mais celui-ci nécessite une bonne performance des résultats plutôt qu'une simple réévaluation influencée par le sentiment du marché.

02. Forces clés

Cinq facteurs haussiers susceptibles de prolonger le mouvement

Tout d'abord, l'économie allemande a enfin renoué avec la croissance. Selon Destatis, le PIB du premier trimestre 2026 a progressé de 0,3 % par rapport au trimestre précédent et de 0,5 % sur un an, à périmètre constant. La consommation privée, la consommation publique et les exportations ont toutes augmenté par rapport au trimestre précédent. Il ne s'agit pas d'une véritable explosion économique, mais cette croissance est suffisante pour que le DAX ne dépende pas uniquement de la demande étrangère et des espoirs liés aux politiques publiques.

Deuxièmement, certaines des données économiques les plus importantes sur le plan cyclique se sont améliorées. Destatis a annoncé une hausse de 5 % des nouvelles commandes industrielles en mars par rapport au mois précédent, et une augmentation de 0,5 % des exportations, à 135,8 milliards d'euros. La production industrielle a toutefois reculé de 0,7 % en mars, ce qui donne un tableau mitigé. Néanmoins, une reprise économique ne nécessite qu'une amélioration progressive, et non une perfection absolue. Pour un secteur fortement dépendant des exportations, la vigueur des commandes et des exportations est un indicateur précoce du cycle qui peut s'avérer plus déterminant qu'un faible chiffre de production.

Troisièmement, la politique budgétaire allemande est devenue plus favorable aux marchés actions. Le gouvernement fédéral indique que le fonds spécial pour les infrastructures et la neutralité climatique s'élève à 500 milliards d'euros et que les investissements fédéraux devraient dépasser 120 milliards d'euros en 2026, dont 58 milliards provenant de ce fonds spécial. Cela représente un atout considérable pour les industriels, les fournisseurs d'énergie, les entreprises du secteur de la construction et, plus largement, pour la demande intérieure.

Quatrièmement, la situation des résultats est mitigée, mais reste constructive si elle s'améliore. Deutsche Börse écrivait le 11 mai 2026 que la saison des résultats du DAX avait été légèrement décevante, avec un écart global de -4,5 % entre les résultats attendus et une croissance des bénéfices réalisés de seulement 0,7 %. Cependant, la même note précisait que le consensus tablait toujours sur une croissance des bénéfices de 11 % pour l'exercice en cours et d'environ 15 % pour 2027. Cet écart entre des résultats décevants et des prévisions optimistes représente un risque s'il se creuse, mais un catalyseur si le prochain cycle de publication des résultats permet de le réduire dans la bonne direction.

Cinquièmement, les analyses institutionnelles régionales restent positives concernant l'Europe. Goldman Sachs Research prévoit un rendement total de 8 % pour le STOXX 600 en 2026, soutenu par une croissance du BPA de 5 % en 2026 et de 7 % en 2027. JP Morgan Asset Management indique que l'estimation du BPA pour l'Europe en 2026 est enfin revue à la hausse après sept mois de révisions à la baisse, tout en soulignant qu'une croissance à un chiffre moyen constitue une base plus réaliste que le consensus de 12 %. Pour le DAX, cette situation laisse présager une progression mesurée, tirée par les résultats, plutôt qu'une flambée spéculative.

Objectif à cinq facteurs pour étui de rallye
FacteurPourquoi c'est importantÉvaluation actuelleBiais
Arrière-plan macroDétermine si les valeurs cycliques peuvent continuer à se réévaluer.Le PIB allemand a renoué avec la croissance et le taux de chômage dans la zone euro s'établit à 6,2 %, mais l'activité reste encore modérée.Neutre à haussier
Inflation et tauxContrôle le degré d'expansion multiple possibleL'IPC allemand est de 2,9 % et l'inflation dans la zone euro est de 3,0 %, tandis que le taux de dépôt de la BCE reste à 2,00 %.Neutre
révisions des résultatsLa meilleure preuve que le rallye mérite de se poursuivreLes estimations de BPA pour l'Europe en 2026 sont actuellement revues à la hausse, mais l'ampleur des surprises au sein du DAX est restée faible au premier trimestre.Neutre à haussier
Cycle fiscal et d'investissementSoutient les segments de l'indice fortement axés sur l'industrie et les infrastructures.L'Allemagne dispose désormais d'un fonds spécial de 500 milliards d'euros et prévoit d'investir plus de 120 milliards d'euros en 2026.Haussier
Soutien à l'évaluationCela laisse une marge d'erreur si les données ne s'améliorent que légèrement.Les marchés européens se négocient à près de 15 fois les bénéfices prévisionnels et le ratio cours/bénéfice agrégé du marché allemand est de 17,2.Neutre

La version la plus solide du scénario optimiste est donc un scénario d'élargissement : une meilleure activité intérieure, des révisions positives, un suivi budgétaire visible et une inflation qui se calme suffisamment pour cesser d'agir comme une taxe sur les multiples.

03. Contre-étui

Qu'est-ce qui pourrait interrompre le rassemblement ?

Le principal risque est que l'inflation reste trop élevée trop longtemps. Selon Destatis, l'IPC allemand a progressé de 2,9 % en avril et l'inflation sous-jacente s'est établie à 2,3 %, tandis que l'estimation rapide d'Eurostat situe l'inflation dans la zone euro à 3,0 %, avec une inflation énergétique de 10,9 %. Si ce choc énergétique persiste, le marché aura du mal à justifier une valorisation plus élevée sur la base d'une croissance modérée plutôt que d'une croissance soutenue.

Un second risque réside dans l'irrégularité persistante de la reprise industrielle allemande. Si les commandes industrielles de mars ont été robustes, la production industrielle a reculé de 0,7 % et la production manufacturière, hors énergie et construction, de 0,9 %. L'enquête ZEW de mai indiquait des anticipations à -10,2 et un indicateur de la conjoncture à -77,8. Cette situation, bien que suffisamment encourageante pour maintenir l'espoir, ne garantit pas une reprise généralisée et harmonieuse.

Troisièmement, la saison des résultats du DAX doit s'améliorer rapidement. Le résultat global des entreprises du DAX a été inférieur de 4,5 % aux attentes, et la croissance réalisée n'a été que de 0,7 % selon les données de Deutsche Börse. Si le prochain cycle de publication des résultats ne confirme pas les prévisions du consensus, qui table sur une croissance des bénéfices de 11 % cette année et d'environ 15 % en 2027, les objectifs de hausse paraîtront ambitieux.

Risques actuels pesant sur le scénario optimiste
RisqueDernières donnéesPourquoi c'est importantÉvaluation actuelle
Réinitialisation de l'inflationIndice des prix à la consommation (IPC) en Allemagne : 2,9 % en avril 2026 ; IPC dans la zone euro : 3,0 % ; inflation énergétique dans la zone euro : 10,9 %.Peut bloquer une expansion multiple et maintenir la prudence de la BCE.Baissier
Données mixtesLa production de mars a diminué de 0,7 %, malgré des commandes à l'usine en hausse de 5,0 % et des exportations en hausse de 0,5 %.Cela montre que la reprise industrielle reste inégale.Neutre à baissier
Douceur sentimentaleLes prévisions pour le ZEW sont de -10,2 et les conditions actuelles sont de -77,8.Un manque de confiance peut entraîner des révisions s'il persiste.Baissier
seuil de revenusSurprise positive des bénéfices agrégés du DAX : -4,5 % ; croissance des bénéfices : 0,7 %Cela laisse moins de place à l'optimisme que ne le suggèrent les niveaux des indices principaux.Baissier
ÉvaluationGoldman Sachs estime que l'Europe se situe à 15 fois les bénéfices de 2026, soit près du 70e-71e percentile historique.La hausse des termes devrait provenir des bénéfices, et non d'un multiple plus élevé.Neutre

La configuration haussière ne reste crédible que si ces obstacles s'atténuent progressivement. Si l'inflation persistante, la faiblesse de la production et la mauvaise surprise de l'activité économique se renforcent mutuellement, l'issue probable sera une nouvelle phase de consolidation plutôt qu'une percée.

04. Perspective institutionnelle

Quelles sont les implications des recherches professionnelles pour une hausse future ?

L'analyse institutionnelle de l'Europe est constructive mais mesurée. Les analystes ne prévoient pas d'envolée euphorique. Ils estiment que l'Europe peut progresser si les bénéfices s'améliorent et si le soutien budgétaire compense les difficultés structurelles de la région. C'est précisément le contexte idéal pour le DAX.

Perspective institutionnelle pour le scénario optimiste
SourceCe qu'il disaitDateLecture du DAX 40
Recherche chez Goldman SachsRendement total du STOXX 600 de 8 % en 2026, avec une croissance du BPA de 5 % en 2026 et de 7 % en 202715 janvier 2026Soutient une vision haussière mesurée de l'Europe, fondée sur les profits plutôt que sur l'exubérance.
Recherche chez Goldman SachsL'Europe se négocie à un PER prévisionnel de 15 pour 2026 et se situe autour du 70e-71e percentile de son historique.15 janvier 2026Cela signifie qu'une hausse du DAX devrait être motivée par les résultats des entreprises, et non par les multiples.
Gestion d'actifs JP MorganLes prévisions de bénéfice par action (BPA) pour l'Europe en 2026 sont revues à la hausse après sept mois de baisse, même si une croissance à un chiffre moyen semble plus réaliste que le consensus ascendant de 12 %.Perspectives 2026 disponibles en mai 2026Améliorer les révisions est utile, mais les attentes doivent encore être justifiées.
projections du personnel de la BCEPrévisions de croissance du PIB de la zone euro : 0,9 % en 2026 et 1,3 % en 2027 ; prévisions d’inflation IPCH en 2026 : 2,6 %Mars 2026La croissance macroéconomique est positive, mais pas suffisamment forte pour pardonner les échecs répétés.
Perspectives hebdomadaires de la Deutsche BörseLes résultats agrégés du DAX ont été inférieurs de 4,5 %, la croissance des bénéfices réalisés s'établissant à 0,7 %. Le consensus reste à 11 % pour l'année en cours et à environ 15 % pour 2027.11 mai 2026Le scénario optimiste repose sur la nécessité que le prochain cycle de reporting soit sensiblement meilleur que le précédent.

Le message général est que le DAX peut encore progresser, mais la qualité de cette progression est essentielle. Une hausse étayée par des révisions à la hausse, des investissements et une participation sectorielle plus large mérite davantage de confiance qu'une hausse alimentée uniquement par la diminution des craintes.

05. Scénarios

Scénarios concrets à 6-12 mois

Les fourchettes ci-dessous sont des estimations de l'auteur, établies à partir du niveau actuel du DAX, de la fourchette sur 52 semaines, des données macroéconomiques allemandes et des études institutionnelles citées précédemment. Elles ne constituent pas des cibles d'indices tierces.

Scénarios de prochain rebond du DAX 40
ScénarioProbabilitéGammeConditions de déclenchementQuand réviser
Taureau43%24 800-25 800Le DAX repasse la barre des 24 500 puis des 25 000 points, l’inflation en Allemagne ralentit pour se rapprocher de 2,5 % et les révisions des BPA en Europe restent positives au deuxième trimestre.Examen après la prochaine réunion de la BCE et la principale période de reporting du deuxième trimestre
Base37%23 200-24 800La croissance allemande reste positive mais modérée, le soutien budgétaire porte ses fruits de manière sélective et les révisions des bénéfices se stabilisent sans surprise majeure à la hausse.Analyse mensuelle des données d'activité de Destatis et des données d'inflation d'Eurostat
Ours20%22 300-23 200L'inflation se maintient aux alentours de 3,0 %, le DAX perd 23 500 points et les prévisions s'assombrissent à nouveau.Réexamen immédiat en cas de clôture hebdomadaire inférieure à 23 500 ou en cas de nouvelles révisions négatives.

La conclusion tactique est simple : les acheteurs doivent exiger des preuves d’un cours supérieur à 24 500 et une tendance inflationniste plus marquée avant de considérer la prochaine phase de hausse comme durable. Les détenteurs actuels peuvent rester optimistes, mais leur position est plus solide si elle est justifiée par des révisions et une performance opérationnelle plutôt que par une réévaluation fondée sur l’espoir.

Si les données convergent, le DAX pourrait renouer avec ses sommets du début 2026. Dans le cas contraire, une évolution dans une large fourchette est plus probable qu'une percée immédiate.

Références

Sources