Pourquoi le CAC 40 pourrait aller plus loin : quels éléments pourraient motiver le prochain rallye ?

Scénario de base : le CAC 40 conserve une perspective crédible de retour vers son plus haut de janvier au cours des 6 à 12 prochains mois, à condition toutefois que l’inflation se calme après le pic d’avril, tiré par les prix de l’énergie, et que les révisions des bénéfices à l’échelle européenne continuent de s’améliorer. L’indice a clôturé à 7 952,55 le 15 mai 2026, soit 7,32 % en dessous de son pic mensuel de janvier (8 580,75) et 7,75 % en dessous de son plus haut sur 52 semaines (8 620,93). Par conséquent, une poursuite de la hausse nécessite désormais des preuves tangibles plutôt qu’une simple réévaluation.

Cotes du scénario haussier

42%

Il faut une inflation plus modérée et des révisions positives continues.

probabilités du scénario de base

38%

Les échanges se poursuivront si la croissance reste faible mais non récessionniste.

Probabilités du scénario pessimiste

20%

Nécessite une nouvelle analyse macroéconomique ou une dévalorisation des bénéfices

lentille principale

étendue des revenus

Le mouvement de ralliement est plus durable s'il s'étend au-delà de quelques leaders.

01. Contexte historique

Le CAC 40 a du potentiel, mais il ne part pas d'un niveau bas ou déprécié.

Le CAC 40 a déjà enregistré une forte progression sur le long terme. Les données graphiques de Yahoo Finance montrent que l'indice est passé de 4 237,48 le 31 mai 2016 à 7 952,55 le 15 mai 2026, soit une hausse totale de 87,67 % en dix ans. Ce constat est important car la prochaine reprise ne s'inscrit pas dans le cadre d'un rebond technique. Il s'agit d'une continuation de la tendance haussière, dont la pertinence dépendra de la capacité des résultats à justifier le maintien de l'indice près du haut de sa fourchette récente.

Visualisation haussière basée sur les données pour le CAC 40
Le scénario haussier est un scénario de confirmation : le CAC 40 est suffisamment proche de ses précédents sommets pour que la prochaine phase de hausse nécessite de meilleures données sur l’inflation, un soutien plus large des bénéfices et un leadership résilient.
Cadre d'analyse du CAC 40 selon les horizons temporels des investisseurs
HorizonCe qui compte le plusQu'est-ce qui renforcerait la thèse ?Qu'est-ce qui affaiblirait la thèse ?
1 à 3 moisTrajectoire de l'inflation, ton de la BCE et commentaires sur les résultats du deuxième trimestreLe CAC 40 repasse la barre des 8 100 points tandis que l’inflation dans la zone euro ralentit et se rapproche des 2,6 %.L'inflation se maintient aux alentours de 3,0 % et l'indice passe à plusieurs reprises sous la résistance.
6 à 12 moisRévisions des bénéfices et participation dans tous les secteursLes révisions positives du BPA en Europe s'étendent au-delà des valeurs industrielles et des infrastructures d'IA.Les rendements reposent principalement sur une expansion multiple, tandis que les révisions s'aplatissent.
Jusqu'en 2027La question est de savoir si des données macroéconomiques défavorables se traduiront tout de même par une croissance des flux de trésorerie.La croissance en France et dans la zone euro s'accélère légèrement à nouveau tandis que les taux cessent de resserrer les conditions financièresLa France reste stable, l'énergie demeure une taxe sur la demande et les exportateurs sont confrontés à un euro plus fort.

La fiche d'information du CAC 40 d'Euronext, datée du 31 mars 2026, indiquait une capitalisation boursière flottante de 1 745,47 milliards d'euros, une concentration de 59,64 % sur les dix premières valeurs, un ratio cours/valeur comptable de 3,24, un ratio cours/chiffre d'affaires de 2,55, un ratio cours/flux de trésorerie de 14,58 et un rendement du dividende de 2,96 %. Cette fiche d'information publique ne mentionne pas le ratio cours/bénéfice du CAC 40 ; c'est pourquoi l'analyse de valorisation ci-dessous s'appuie sur les fondamentaux publiés et les indices de référence européens de Goldman Sachs et JP Morgan, plutôt que de calculer un ratio cours/bénéfice spécifique au CAC 40.

La composition de l'indice explique également la plausibilité d'une perspective de hausse. Au 31 mars 2026, les pondérations les plus importantes étaient celles de TotalEnergies (9,52 %), Schneider Electric (7,57 %), LVMH (6,63 %), Air Liquide (5,90 %), Sanofi (5,53 %), Airbus (5,47 %) et Safran (5,09 %). Cette répartition permet à l'indice de référence d'être exposé à la production de trésorerie liée à l'énergie, à l'électrification, à l'automatisation industrielle, à l'aérospatiale et à la demande de produits de luxe. Cette hypothèse de hausse est d'autant plus plausible que plusieurs de ces piliers y contribuent.

02. Forces clés

Cinq facteurs haussiers susceptibles de prolonger le mouvement

Premièrement, les révisions des bénéfices à l'échelle européenne ont cessé de se détériorer. Dans ses perspectives pour les actions mondiales hors États-Unis à l'horizon 2026, JP Morgan Asset Management indique qu'après sept mois de révisions négatives du BPA, l'estimation du BPA européen pour 2026 est désormais revue à la hausse. Les prévisions ascendantes tablent sur une croissance de 12 % en glissement annuel, même si la firme estime qu'une croissance à un chiffre moyen est plus réaliste. Pour le CAC 40, même cette vision plus prudente suffit à soutenir un potentiel de hausse si les révisions restent positives lors du prochain cycle de publication des résultats.

Deuxièmement, les équipes de stratégie professionnelles sont optimistes quant aux perspectives européennes, sans pour autant être euphoriques. Goldman Sachs Research a indiqué le 15 janvier 2026 s'attendre à ce que le STOXX 600 génère un rendement total de 8 % en 2026, soutenu par une croissance du BPA de 5 % en 2026 et de 7 % en 2027. Ce constat est important car il présente les perspectives haussières comme étant fondées sur les résultats et modérées, et non comme une flambée spéculative. Si le CAC 40 progresse, la voie la plus logique réside dans la réalisation des bénéfices plutôt que dans une forte hausse des multiples.

Troisièmement, le contexte du marché du travail reste suffisamment favorable pour contenir les craintes de récession. Eurostat a indiqué que le taux de chômage dans la zone euro a reculé à 6,2 % en mars 2026, contre 6,3 % en février, tandis que le PIB de la zone euro a progressé de 0,1 % au premier trimestre. Cette croissance est certes faible, mais elle n'annonce pas de contraction. Dans ce contexte, les indices boursiers peuvent encore progresser lentement si les bénéfices et les flux de trésorerie restent stables.

Quatrièmement, plusieurs composants CAC 40 de grande taille bénéficient toujours d'une forte demande de la part des secteurs de l'électrification, des semi-conducteurs et des infrastructures d'IA. Schneider Electric a annoncé un chiffre d'affaires de 9,8 milliards d'euros au premier trimestre 2026, en hausse de 11,2 % en organique, avec une progression de 12,8 % pour la gestion de l'énergie, portée par la demande des centres de données. Air Liquide a déclaré un chiffre d'affaires de près de 6,8 milliards d'euros au premier trimestre, des décisions d'investissement atteignant 1,5 milliard d'euros et un carnet de commandes record de 5,5 milliards d'euros, incluant des projets liés aux puces d'IA de nouvelle génération. STMicroelectronics prévoit un chiffre d'affaires nettement supérieur à 500 millions de dollars pour les centres de données en 2026 et bien au-delà du milliard de dollars en 2027. Capgemini a enregistré 6,054 milliards d'euros de commandes au premier trimestre, l'IA générative et agentique représentant plus de 11 % du total.

Cinquièmement, le secteur du luxe n'est pas en pleine expansion, mais il se montre plus résilient qu'un scénario d'effondrement ne le laisserait supposer. LVMH a annoncé un chiffre d'affaires de 19,1 milliards d'euros au premier trimestre 2026, en baisse de 6 % en données publiées, mais en hausse de 1 % en données organiques, malgré la déclaration selon laquelle le conflit au Moyen-Orient a réduit la croissance organique trimestrielle d'environ 1 %. Cela ne fait pas du luxe un moteur de croissance absolu, mais cela réduit la probabilité d'une chute brutale et soudaine des bénéfices, imputable à la consommation, dans l'un des plus importants secteurs du CAC 40.

Objectif à cinq facteurs pour étui de rallye
FacteurPourquoi c'est importantÉvaluation actuelleBiais
Arrière-plan macroFixe le plafond pour les valeurs cycliques et les multiples de marchéLe PIB de la zone euro a encore progressé de 0,1 % en glissement trimestriel au premier trimestre 2026 et le chômage s'établit à 6,2 %, mais la croissance reste modérée.Neutre
Inflation et tauxDétermine si la valorisation peut s'accroîtreL'IPC de la zone euro a bondi à 3,0 % en avril, tandis que la BCE a maintenu son taux de dépôt à 2,00 %.Neutre à baissier
révisions des résultatsLa meilleure preuve que le rallye mérite de se poursuivreJP Morgan indique que les révisions des prévisions de BPA pour l'Europe à l'horizon 2026 sont redevenues positives après sept mois de révisions négatives.Haussier
leaders de l'IA et de l'électrificationSchneider, Air Liquide, ST et Capgemini peuvent tirer l'indice vers le haut.Les commentaires de l'entreprise restent positifs, notamment en ce qui concerne les infrastructures de centres de données et de semi-conducteurs.Haussier
Soutien à l'évaluationContrôle l'espace restant si les données restent dans la moyenneEuronext affiche un ratio cours/valeur comptable de 3,24 et un ratio cours/flux de trésorerie de 14,58 ; Goldman Sachs et JP Morgan situent l’Europe à environ 15-16 fois les bénéfices prévisionnels.Neutre

La version la plus convaincante des arguments haussiers repose donc sur une combinaison de facteurs : des révisions positives, des données stables sur l’emploi, une demande industrielle visible et une inflation qui se calme suffisamment pour empêcher la BCE de durcir à nouveau sa position.

03. Contre-étui

Qu'est-ce qui pourrait interrompre le rassemblement ?

Le principal risque est que l'inflation s'accélère à nouveau au pire moment. Selon la première estimation d'Eurostat, l'inflation dans la zone euro devrait atteindre 3,0 % en avril 2026, contre 2,6 % en mars, avec une inflation énergétique de 10,9 %. En France, l'IPC d'avril, publié par l'Insee, s'établit à 2,2 % sur un an, tandis que les prix de l'énergie ont bondi de 14,3 % par rapport à l'année précédente. Si ces effets sur l'énergie se répercutent sur les anticipations et les marges, le marché aura du mal à justifier une valorisation plus élevée.

Le second risque réside dans la faiblesse persistante des indicateurs macroéconomiques français, qui risquent de freiner la dynamique des bénéfices. L'Insee prévoit une stagnation du PIB français au premier trimestre 2026, après une croissance de 0,2 % au quatrième trimestre 2025, et une hausse du chômage à 8,1 % au premier trimestre. Si cette conjoncture ne remet pas automatiquement en cause les perspectives haussières, elle complexifie la situation pour les entreprises exposées au marché intérieur et pour les secteurs tributaires d'une demande de consommation plus stable.

Le troisième risque est la concentration. La fiche d'information d'Euronext indique que les dix premières capitalisations représentent 59,64 % de l'indice. Si plusieurs grandes valeurs, notamment dans les secteurs de l'énergie, du luxe ou de l'industrie, déçoivent simultanément, l'indice de référence peut paraître bien plus faible que ne le suggérerait le contexte européen des résultats d'entreprises.

Risques actuels pesant sur le scénario optimiste
RisqueDernières donnéesPourquoi c'est importantÉvaluation actuelle
Réinitialisation de l'inflationInflation des prix à la consommation dans la zone euro : 3,0 % en avril 2026 ; inflation énergétique : 10,9 %Peut maintenir des taux d'intérêt réels élevés et bloquer de multiples expansionsBaissier
Macro France doucePIB de la France : 0,0 % en glissement trimestriel au T1 2026 ; taux de chômage : 8,1 %Cela relève la barre pour les secteurs sensibles au niveau national.Neutre à baissier
ÉvaluationEurope : ratio cours/bénéfice prévisionnel de 15x pour 2026 selon Goldman Sachs ; ratio cours/bénéfice prévisionnel de 16x selon JP Morgan Europe hors Royaume-UniCela laisse moins de place à la déception qu'un marché bon marché.Neutre
ConcentrationLes dix poids les plus élevés totalisent 59,64 %Transforme rapidement les contre-performances d'actions spécifiques en faiblesses au niveau de l'indice.Baissier
mélange de demande de produits de luxeLe chiffre d'affaires total de LVMH au premier trimestre a progressé de 1 % en organique, mais le secteur Mode et Maroquinerie a reculé de 2 % en organique.Cela montre que l'un des plus grands secteurs de l'indice est stable, et non en pleine expansion.Neutre à baissier

Cette configuration haussière reste crédible uniquement si ces vents contraires demeurent indépendants. Le problème survient lorsque l'inflation persistante, la stagnation de l'activité économique française et un leadership restreint commencent à se renforcer mutuellement.

04. Perspective institutionnelle

Quelles sont les implications des recherches professionnelles pour une hausse future ?

Goldman Sachs et JP Morgan affichent globalement une vision positive des actions européennes, mais leurs propos convergent : l'Europe peut progresser, certes, mais cette progression devrait reposer sur les résultats des entreprises plutôt que sur une spéculation excessive. Ce cadre d'analyse est pertinent pour le CAC 40, car cet indice de référence se comporte déjà comme un marché de qualité, et non comme un marché en difficulté.

Les prévisions de Goldman Sachs Research pour janvier 2026 tablaient sur un rendement total de 8 % pour le STOXX 600 en 2026, avec une croissance du BPA de 5 % en 2026 et de 7 % en 2027. Goldman Sachs a également indiqué que les actions européennes n'étaient pas bon marché au regard de leur historique, avec un PER de 15 pour 2026 et un PER se situant autour du 70e-71e percentile des 25 dernières années. JP Morgan Asset Management a ajouté que l'estimation du BPA pour l'Europe en 2026 était redevenue positive après sept mois de révisions à la baisse, mais qu'une croissance à un chiffre moyen restait plus réaliste que le consensus de 12 % établi à partir des données fondamentales.

Les Perspectives de l'économie mondiale du FMI pour avril 2026 constituent le principal point d'ancrage macroéconomique de ces prévisions. Le FMI prévoit une croissance de 1,1 % pour la zone euro et de 0,9 % pour la France en 2026. Ces chiffres suffisent à maintenir un scénario haussier, mais ne justifient pas une hausse généralisée si les prévisions des entreprises sont revues à la baisse.

Perspective institutionnelle pour le scénario optimiste
SourceCe qu'il disaitDateLecture pour CAC 40
Recherche chez Goldman SachsRendement total du STOXX 600 de 8 % en 2026, avec une croissance du BPA de 5 % en 2026 et de 7 % en 202715 janvier 2026Soutient une perspective haussière mesurée pour l'Europe plutôt qu'une flambée des cours.
Recherche chez Goldman SachsL'Europe se négocie à un PER prévisionnel de 15 pour 2026 et se situe dans le 70e-71e percentile de son historique.15 janvier 2026Cela signifie que la hausse du CAC devrait être tirée par les résultats, et non par les multiples.
Gestion d'actifs JP MorganLes prévisions de bénéfice par action (BPA) pour l'Europe en 2026 sont revues à la hausse après sept mois de baisse ; une croissance de 12 % est attendue, mais une croissance à un chiffre moyen est plus réaliste.Perspectives 2026 disponibles en mai 2026L'orientation de la révision importe plus que des chiffres de consensus héroïques.
Perspectives économiques mondiales du FMIPrévisions de croissance du PIB de la zone euro : 1,1 % en 2026 ; France : 0,9 % en 2026Avril 2026La croissance macroéconomique est positive, mais trop modeste pour pardonner les résultats inférieurs aux attentes à répétition.

Le message général est constructif mais rigoureux. Le CAC 40 peut progresser davantage, mais la qualité de cette progression importe plus que l'ampleur de la hausse en elle-même.

05. Scénarios

Scénarios concrets à 6-12 mois

Les fourchettes ci-dessous sont des estimations de l'auteur, établies à partir du niveau actuel du CAC 40, du pic de janvier 2026, de la fourchette sur 52 semaines, des données macroéconomiques européennes et des études institutionnelles citées précédemment. Il ne s'agit pas d'objectifs d'indices tiers.

Scénarios pour le prochain rallye du CAC 40
ScénarioProbabilitéGammeConditions de déclenchementQuand réviser
Taureau42%8 250-8 650Le CAC 40 repasse la barre des 8 100 puis des 8 250 points, l’IPC de la zone euro repasse sous la barre des 2,6 % et les révisions des BPA en Europe restent positives au deuxième trimestre.Un examen sera effectué après la prochaine réunion de la BCE et après la principale période de publication des résultats du deuxième trimestre.
Base38%7 650-8 250La croissance reste positive mais modérée, la BCE maintient son statu quo et le leadership demeure mitigé dans les secteurs de l'énergie, du luxe et de l'industrie.Analyse mensuelle des données d'Eurostat sur l'inflation et le travail
Ours20%7 200-7 650L'indice perd 7 500 points de manière décisive, l'inflation reste proche de 3,0 % et les commentaires sur les résultats des grandes entreprises sont moins bons.Réexaminer immédiatement le cours en cas de clôture hebdomadaire inférieure à 7 500 ou en cas de retour à des révisions négatives du BPA.

La conclusion tactique est simple. Les acheteurs doivent attendre une confirmation du seuil de 8 100 et une inflation plus stable avant de considérer la prochaine phase de hausse comme durable. Les détenteurs actuels peuvent maintenir une position constructive, mais celle-ci est plus solide si elle repose sur des révisions à la hausse et une performance opérationnelle, plutôt que sur l'espoir d'une réévaluation rapide.

Si les données confirment ces résultats, le CAC 40 pourrait tester à nouveau les sommets de 2026. Dans le cas contraire, une large phase de volatilité est plus probable qu'une percée immédiate.

Références

Sources