Pourquoi l'action IBEX 35 pourrait chuter prochainement : des facteurs baissiers à venir

Scénario de base : l’IBEX 35 pourrait encore subir un repli significatif car l’inflation s’est de nouveau accélérée, l’indice reste fortement concentré sur le secteur financier et l’indice de référence n’est qu’à 5,12 % de son plus haut des 52 dernières semaines, au lieu de se baser sur un effet de levier important. Le scénario pessimiste n’est pas systématique, mais il devient rapidement plausible si la hausse de l’inflation en Espagne en avril persiste et si la forte concentration des bénéfices du secteur bancaire commence à s’essouffler.

Dernière clôture

17 622,7

L'indice IBEX 35 clôture le 15 mai 2026

Intervalle de 52 semaines

-5,12%

En dessous du sommet des 52 dernières semaines, qui s'établit à 18 573,8.

Inflation en Espagne

3,2 % / 3,5 %

Taux annuels de l'IPC et de l'IPCH d'avril 2026

Poids financier

36,34%

Le secteur le plus important selon la dernière fiche d'information publique IBEX 35 de BME

01. Contexte historique

Le scénario pessimiste commence par un marché fort, concentré et qui n'est plus suffisamment bon marché pour ignorer les erreurs.

L'IBEX 35 ne se redresse pas après avoir atteint un niveau déprimé. Les données graphiques de Yahoo Finance indiquent que l'indice s'établira à 17 622,7 le 15 mai 2026, soit une hausse de 115,88 % par rapport à son niveau de 8 163,3 dix ans plus tôt et toujours 28,28 % au-dessus de son plus bas des 52 dernières semaines, à 13 737,2. Ce point est important car la prochaine baisse, si elle se produit, proviendra plus probablement d'une dévalorisation et de résultats décevants que d'une simple baisse des prix sur un marché déjà fragile.

Visualisation baissière basée sur les données pour l'IBEX 35
Le scénario pessimiste à court terme est un scénario de confirmation : l’inflation s’est raffermie à nouveau, l’indice est proche de ses sommets et l’indice de référence est suffisamment concentré pour qu’une faiblesse dans quelques grands secteurs puisse rapidement faire baisser l’indice principal.
Cadre IBEX 35 sur des horizons baissiers
HorizonCe qui compte le plusQu'est-ce qui renforcerait la thèse baissière ?Qu'est-ce qui affaiblirait la thèse baissière ?
1 à 3 moisInflation, ton de la BCE et seuil des 17 000 pointsEn Espagne, l'IPC et l'IPCH restent supérieurs à 3 %, et l'indice perd 17 000 points en raison d'une faible dynamique.L'inflation se calme et l'indice de référence repasse rapidement la barre des 18 000.
6 à 12 moisdurabilité des revenus bancaires et de la demande intérieureLes prévisions de Santander, BBVA et CaixaBank s'assouplissent tandis que les taux réels restent restrictifs.Les bénéfices des grands groupes restent solides et les dividendes ou les rachats d'actions soutiennent le moral des investisseurs.
Jusqu'en 2027La question de la superposition d'une croissance plus lente et d'une inflation persistanteLes révisions à la baisse des prévisions de croissance de la Banque d'Espagne s'accentuent et l'inflation, tirée par l'énergie, reste élevée.L'Espagne continue d'afficher une croissance supérieure à celle de la zone euro et l'inflation reprend son ralentissement.

La structure sectorielle amplifie ce risque. La dernière fiche d'information publique de BME indique que les services financiers représentent 36,34 % de l'indice, le pétrole et l'énergie 20,04 %, les biens de consommation 14,02 % et les technologies et télécommunications 12,56 %. Les quatre principales composantes, Santander, Iberdrola, BBVA et Inditex, pèsent à elles seules 55,88 % de l'indice de référence. Cette concentration est un atout lors des phases de hausse, lorsque les leaders performent bien. Elle devient problématique lorsque ces mêmes leaders sont confrontés simultanément à des difficultés macroéconomiques ou à des problèmes de valorisation.

La valorisation n'est pas excessive selon les normes américaines, mais elle ne constitue plus une marge de sécurité totale. Le BME a indiqué le 16 janvier 2026 que les actions espagnoles se négociaient à 13 fois les bénéfices, soit 2,3 points en dessous de leur moyenne sur 37 ans, avec un rendement moyen du dividende de 4,1 %. Cela reste attractif en termes relatifs. Toutefois, l'indice n'est pas à l'abri d'une correction en cas de nouvelle accélération de l'inflation, d'autant plus que le marché évolue déjà à proximité de ses sommets cycliques.

02. Forces clés

Cinq facteurs baissiers susceptibles d'accentuer la tendance à la baisse

Tout d'abord, l'inflation a de nouveau évolué dans le mauvais sens. Selon l'INE, le taux d'inflation annuel en Espagne s'établirait à 3,2 % en avril 2026, tandis que l'IPCH atteindrait 3,5 %. L'estimation flash d'Eurostat situe l'inflation dans la zone euro à 3,0 %, contre 2,6 % en mars, avec une flambée de l'inflation des prix de l'énergie à 10,9 %. Pour un indice de référence fortement dépendant des secteurs bancaire et des services publics, cela a des conséquences importantes, car une inflation plus rigide peut maintenir les taux réels à un niveau élevé plus longtemps et limiter le multiple que les investisseurs sont prêts à payer.

Deuxièmement, la politique monétaire n'est pas véritablement accommodante. La page d'accueil de la BCE affichait encore mi-mai 2026 le taux de la facilité de dépôt à 2,00 %, le principal taux de refinancement à 2,15 % et le taux de la facilité de prêt marginal à 2,40 %. Ce niveau est plus favorable qu'au pic de l'inflation, mais il ne permet pas aux investisseurs en actions d'anticiper une réévaluation linéaire. Si l'inflation reste soutenue, le marché devra davantage s'appuyer sur les bénéfices des entreprises que sur des mesures monétaires d'allègement.

Troisièmement, la Banque d'Espagne elle-même prévoit toujours un ralentissement. Ses projections de mars 2026 anticipent un ralentissement de la croissance du PIB espagnol, passant de 2,8 % en 2025 à 2,3 % en 2026 et 1,7 % en 2027, tout en projetant l'IPCH à 3,0 % en 2026. Cette situation est délicate pour les actions, car elle implique un soutien à la croissance nominale plus faible, tandis que l'inflation pourrait ne pas se calmer suffisamment vite pour créer un effet positif sur les valorisations.

Quatrièmement, l'indice de référence est concentré sur les secteurs les plus exposés à cette conjoncture macroéconomique. Les services financiers représentent 36,34 % de l'indice et les deux plus grandes banques, Santander et BBVA, à elles seules, en représentent 30,04 %. Si des taux d'intérêt élevés et durables cessent de favoriser le revenu net d'intérêts et commencent au contraire à nuire à la qualité du crédit ou à la demande de prêts, l'impact sur l'indice pourrait être rapide.

Cinquièmement, les perspectives de hausse exigent déjà une mise en œuvre continue. L'indice n'est qu'à 5,12 % de son plus haut des 52 dernières semaines. Après une progression de 115,88 % sur dix ans, l'IBEX 35 ne peut plus se permettre de performances médiocres. Un marché aussi proche de ses sommets peut chuter simplement parce que les résultats des entreprises cessent de progresser suffisamment vite pour valider le scénario actuel.

Système d'évaluation à cinq facteurs pour les cas négatifs
FacteurPourquoi c'est importantÉvaluation actuelleBiais
InflationDétermine si les taux peuvent encore baisser.L'IPC espagnol est de 3,2 %, l'IPCH espagnol de 3,5 % et l'inflation dans la zone euro de 3,0 %.Baissier
Position de la BCELa politique fixe le plafond de l'expansion multipleLe taux de dépôt reste à 2,00 %, et non à un niveau de soutien d'urgence.Neutre à baissier
Contexte de croissanceUn ralentissement de la croissance rend les résultats inférieurs aux attentes plus dommageables.La Banque d'Espagne prévoit un ralentissement de la croissance du PIB à 2,3 % en 2026 et à 1,7 % en 2027.Baissier
Indice de concentrationQuelques secteurs peuvent faire bouger l'ensemble de la référenceLe secteur financier représente 36,34 % de l'indice et les quatre premières valeurs totalisent 55,88 %.Baissier
point de départ de l'évaluationLes marchés bon marché absorbent mieux les chocs que les marchés proches des marchés élevés.Le ratio cours/bénéfice de 13 et le rendement de 4,1 % de BME sont des atouts, mais l'indice reste proche de ses sommets.Neutre

Une perspective baissière ne nécessite donc pas de crise. Elle requiert seulement une inflation persistante, un ralentissement de la croissance et des indicateurs économiques moins favorables provenant simultanément d'un petit nombre de grandes entreprises.

03. Contre-étui

Qu’est-ce qui pourrait empêcher ce déclin de devenir un problème plus important ?

Le scénario pessimiste reste conditionnel, car les résultats récents des poids lourds de la finance demeurent solides. Santander a annoncé le 29 avril 2026 un bénéfice sous-jacent de 3,6 milliards d'euros au premier trimestre, avec un chiffre d'affaires en hausse de 4 %, des coûts en baisse de 3 % et un BPA sous-jacent en progression de 17 %. BBVA a enregistré un bénéfice attribuable de 2,989 milliards d'euros, en hausse de 10,8 % à taux de change constant, tandis que son ratio de créances douteuses s'est amélioré à 2,6 %. De tels chiffres ne précèdent généralement pas un effondrement immédiat d'un indice fortement pondéré en valeurs bancaires.

Le soutien se manifeste également en dehors du secteur bancaire. Le bénéfice net ajusté d'Iberdrola a progressé de 11 % au premier trimestre, atteignant 1,865 milliard d'euros, et la direction a relevé ses prévisions de croissance du bénéfice net ajusté pour l'ensemble de l'année à plus de 8 %. Inditex a annoncé un chiffre d'affaires de 39,9 milliards d'euros et un bénéfice net de 6,2 milliards d'euros pour 2025. Ces annonces sont importantes car l'indice ne reflète pas uniquement les tendances macroéconomiques ; il comprend toujours de grandes entreprises générant des flux de trésorerie réels et respectant une gestion rigoureuse de leurs capitaux.

Les données macroéconomiques espagnoles ne sont pas non plus récessives. L'estimation flash de l'INE pour le premier trimestre fait état d'une croissance du PIB de 0,6 % en glissement trimestriel et de 2,7 % en glissement annuel. Cela n'élimine pas le risque d'inflation, mais cela signifie que tout ralentissement doit encore être confirmé par les résultats et le positionnement des entreprises, plutôt que par une simple supposition de retournement de l'économie.

Décalages actuels par rapport au scénario baissier
CompenserDernières donnéesPourquoi c'est importantÉvaluation actuelle
Exécution de SantanderBénéfice sous-jacent du T1 : 3,6 milliards d’euros, chiffre d’affaires en hausse de 4 %, coûts en baisse de 3 %, BPA en hausse de 17 %.Cela montre que la pondération la plus élevée de l'indice continue de générer un fort effet de levier opérationnel.Haussier
Résilience de BBVABénéfice attribuable au T1 : 2,989 milliards d’euros, en hausse de 10,8 % ; ratio de créances douteuses : 2,6 %La qualité du crédit et la rentabilité semblent toujours sainesHaussier
Conseils d'IberdrolaLe bénéfice net ajusté du premier trimestre s'élève à 1,865 milliard d'euros, en hausse de 11 % ; les prévisions pour 2026 sont relevées à une croissance supérieure à 8 %.Les services publics et les réseaux constituent toujours un pilier défensif des bénéfices.Haussier
PIB espagnolPIB du 1er trimestre 2026 : +0,6 % en glissement trimestriel et +2,7 % en glissement annuelL'économie nationale ralentit, mais ne se contracte pas encore.Neutre à haussier
Soutien à l'évaluationLe ratio cours/bénéfice de référence du marché BME est de 13x et le rendement du dividende de 4,1 %.L'évaluation relative n'est pas suffisamment exigeante pour anticiper une forte baisse automatique.Neutre

En pratique, une perspective baissière sur l'IBEX 35 nécessite à la fois une confirmation des prix et une détérioration des marges bénéficiaires actuelles. Sans ces deux éléments conjugués, le scénario le plus probable est une consolidation dans une fourchette de prix plutôt qu'une tendance baissière durable.

04. Perspective institutionnelle

Comment les investisseurs professionnels interpréteraient le risque de baisse

L'analyse institutionnelle ne crie pas à la crise, mais la situation est clairement plus complexe que ne le suggère le seul graphique des cours. La Banque d'Espagne prévoit un ralentissement de la croissance et une inflation supérieure à l'objectif. La BCE n'a pas encore retrouvé une politique monétaire résolument accommodante. JP Morgan Asset Management reste attaché aux banques européennes, notamment en raison de leur valorisation et du rendement qu'elles offrent aux actionnaires, un facteur important pour l'IBEX 35. Cela signifie également que le scénario de baisse dépendra d'une évolution des prévisions de bénéfices plutôt que d'un marché déjà largement impopulaire.

Le référentiel d'évaluation de BME est une autre raison d'éviter toute exagération. Un multiple de 13 fois les bénéfices n'est pas excessif pour un indice boursier de marché développé. Il devient simplement vulnérable lorsque l'inflation augmente et que l'indice se rapproche de ses sommets. Il est donc préférable d'envisager le risque de baisse comme une dégradation de la qualité du contexte, plutôt que comme une affirmation selon laquelle les actions espagnoles seraient soudainement surévaluées de manière structurelle.

Analyse institutionnelle du scénario pessimiste
SourceCe qu'il disaitDateLecture du rapport IBEX 35
Banque d'EspagneLes projections indiquent une croissance du PIB espagnol de 2,3 % en 2026, de 1,7 % en 2027 et un IPCH de 3,0 % en 2026.27 mars 2026Une économie plus lente mais toujours positive rend le risque de dévalorisation plus probable que le risque d'effondrement pur et simple.
BCEFacilité de dépôt à 2,00 %, opérations principales de refinancement à 2,15 %, facilité de prêt marginal à 2,40 %Page des taux de la BCE consultée en mai 2026La politique est plus souple qu'au pic, mais pas suffisamment pour neutraliser automatiquement une inflation rigide.
EurostatL'inflation dans la zone euro a atteint 3,0 % en avril 2026, celle du secteur de l'énergie s'établissant à 10,9 %.30 avril 2026L'inflation tirée par l'énergie peut retarder les mesures de soutien politique que souhaitent les optimistes du marché boursier.
Journée des investisseurs BME / EspagneLes actions espagnoles se négociaient à 13 fois les bénéfices, avec un rendement de dividende moyen de 4,1 %.16 janvier 2026La valorisation est suffisamment solide pour amortir les baisses, mais pas suffisamment pour les empêcher.
Gestion d'actifs JP MorganLes estimations de bénéfice par action (BPA) pour l'Europe en 2026 sont revues à la hausse ; les banques européennes se négocient à 1,1 fois leur valeur comptable et offrent un rendement de 8 % aux actionnaires.Perspectives 2026 disponibles en mai 2026Le scénario pessimiste ne se renforce que si le discours positif sur les résultats des banques européennes commence à s'inverser.

Le message institutionnel est mesuré plutôt que spectaculaire. Pour que l'IBEX 35 baisse sensiblement, il faudrait probablement que la persistance de l'inflation et la faiblesse des bénéfices des entreprises du secteur bancaire se conjuguent.

05. Scénarios

Scénarios de repli exploitables sur 3 à 12 mois

Les fourchettes ci-dessous sont des estimations de l'auteur, établies à partir du niveau actuel de l'IBEX 35, des plus hauts et plus bas sur 52 semaines, de la valorisation de référence de BME pour janvier 2026, des derniers chiffres de l'inflation en Espagne et dans la zone euro, des projections macroéconomiques de la Banque d'Espagne et des résultats récents des principales composantes de l'indice. Il ne s'agit pas d'objectifs d'indices fixés par des tiers.

IBEX 35 scénarios pessimistes
ScénarioProbabilitéGammeConditions de déclenchementQuand réviser
Ours35%15 800-16 700L'indice franchit nettement la barre des 17 000, l'IPC espagnol se maintient autour ou au-dessus de 3 %, l'inflation dans la zone euro reste élevée et au moins un des principaux secteurs bancaires ou des services publics s'affaiblit au cours de la période de déclaration de juillet-août 2026.À examiner après chaque publication de l'inflation par l'INE, le bulletin flash d'Eurostat et la prochaine saison de résultats bancaires.
Base40%16 700 à 18 000La croissance ralentit mais reste positive, l'inflation ne se calme que progressivement, et des dividendes et des rachats d'actions importants maintiennent l'activité des acheteurs lors des replis.Examiner mensuellement et de nouveau après chaque mise à jour de la politique de la BCE
Rebond25%18 000-18 700L'inflation en Espagne repasse sous la barre des 3 %, les principaux pays maintiennent leurs prévisions et l'indice de référence repasse la barre des 18 000 points grâce à une participation accrue.Analysez rapidement la situation si le cours remonte à 18 000 et se maintient à ce niveau jusqu’à la prochaine publication des résultats.

La conclusion tactique est simple. Une baisse plus marquée est possible, mais elle n'est pas le scénario le plus probable, sauf si l'inflation et les bénéfices se détériorent simultanément. En l'absence de cette conjonction, l'évolution la plus probable est une large fourchette de négociation plutôt qu'une chute brutale.

C’est pourquoi le seuil des 17 000, les deux prochaines publications sur l’inflation et les prochains résultats des banques et des services publics sont si importants. Ce sont les points de repère mesurables qui permettent de distinguer une réinitialisation ordinaire d’un changement de régime de moindre qualité.

Références

Sources