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Législatives en Serbie : ce que révèle la majorité préliminaire de la liste étudiante
Législatives en Serbie : ce que révèle la majorité préliminaire de la liste étudiante
Les élections législatives anticipées du 25 octobre 2026 ont produit un résultat net, mais encore provisoire : la liste électorale « Student List – Students Win » arrive en tête avec 52,71 % des suffrages comptabilisés et 140 sièges sur 250, selon les données publiées par les autorités serbes le 26 octobre. Si ces chiffres sont confirmés, elle disposerait seule d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale. L’enjeu immédiat est donc de savoir comment ce mandat sera converti en gouvernement et en réformes, dans un scrutin dont les observateurs internationaux ont aussi relevé de sérieux déséquilibres.
Une urne fermée et un bulletin vierge devant le drapeau serbe, symbole du scrutin parlementaire.
Que disent les résultats disponibles au 27 octobre ?
Le relevé préliminaire établi par la Commission électorale de la République (RIK), tel que rapporté par le gouvernement serbe, porte sur les données de 8 187 bureaux de vote. Il a été arrêté le 26 octobre 2026 à 20 h à Belgrade, heure CET (UTC+01:00), soit 19 h UTC. Les chiffres ci-dessous ne doivent donc pas être présentés comme le décompte définitif.
Liste électorale
Voix
Part
Sièges provisoires
Student List – Students Win
2 267 615
52,71 %
140
Aleksandar Vučić – United Serbia
1 685 022
39,17 %
104
Ivica Dačić – Factor of Stability
93 280
2,17 %
0
Quatre listes de minorités nationales
Résultats par liste
De 0,29 à 0,81 %
6 au total
La Serbie compte 250 sièges à l’Assemblée : une majorité absolue exige donc 126 députés. Les 140 sièges attribués provisoirement à la liste arrivée en tête dépassent ce seuil de 14. La RIK rappelle que les élections se déroulent dans une circonscription nationale unique, à la proportionnelle, et que l’électeur vote pour une liste plutôt que pour un candidat individuel. Les sièges sont répartis selon la méthode D’Hondt. Les listes de minorités nationales reconnues bénéficient d’une exception au seuil général de 5 %, ce qui explique qu’elles puissent obtenir des sièges avec une part de voix inférieure.
Pourquoi le résultat ne se résume-t-il pas à une majorité ?
Le scrutin a été convoqué après la dissolution de l’Assemblée. Le 7 septembre, le gouvernement a proposé des élections anticipées, en invoquant notamment les appels d’une partie de la population à organiser un nouveau vote. Le président a ensuite fixé la date au 25 octobre, comme le détaille le communiqué officiel sur la convocation du scrutin. La campagne a ainsi porté une question de confiance politique autant qu’un choix entre programmes.
Avec 140 sièges provisoires, la liste étudiante pourrait en théorie soutenir seule un gouvernement. Mais une majorité arithmétique ne garantit pas une majorité politique durable. Les élus devront confirmer leurs mandats, organiser les travaux de l’Assemblée, désigner les responsables parlementaires et faire approuver un gouvernement. Il faudra aussi voir si une liste présentée sous une bannière commune peut maintenir une ligne cohérente sur les budgets, les nominations et les textes de loi. Le scrutin donne un poids institutionnel important à la demande de changement ; il ne constitue pas, à lui seul, un plan de gouvernement.
Le cadre électoral fixe également les prochaines étapes : la RIK indique qu’elle publie les résultats dans les 96 heures suivant la clôture du vote, puis répartit les mandats selon l’ordre des candidats sur les listes après publication. Les contestations et les décisions de justice peuvent compter pour les résultats concernés. La page officielle de la commission détaille le mode de scrutin, le calendrier et les voies de recours.
Quelles réserves les observateurs ont-ils formulées ?
Dans sa déclaration préliminaire publiée le 26 octobre, le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’OSCE (BIDDH/ODIHR) décrit une forte participation et une compétition vive entre les deux principales listes. Il estime toutefois que l’égalité des chances a été sérieusement compromise : ses observateurs signalent des avantages structurels pour la liste au pouvoir, l’usage abusif de ressources publiques, des pressions ou intimidations rapportées contre des électeurs, des perturbations de campagne et un traitement médiatique déséquilibré en faveur de « United Serbia ».
Le constat n’est pas univoque. L’ODIHR a évalué positivement les différentes étapes du vote dans la grande majorité des bureaux observés, tout en relevant des problèmes de procédure et de transparence lors du dépouillement et de la centralisation des résultats. Il fait aussi état d’incidents de violence signalés contre du personnel électoral, des observateurs citoyens et des journalistes. Ces observations éclairent la qualité du processus ; elles ne remplacent ni le décompte final de la RIK ni une décision judiciaire sur un recours précis. La déclaration préliminaire complète de l’OSCE/ODIHR expose les constats et leurs limites.
Quels enjeux politiques suivre maintenant ?
La formation du pouvoir : vérifier la confirmation des sièges, la composition de la majorité et la nomination d’un gouvernement.
La confiance électorale : suivre la publication des résultats définitifs, le traitement des recours et les réponses aux critiques sur les listes d’électeurs, les médias et les ressources publiques.
L’État de droit : observer si les promesses de transparence et de responsabilité se traduisent en enquêtes, en contrôles indépendants et en décisions parlementaires.
La relation avec l’Union européenne : l’OSCE/ODIHR a appelé les nouvelles autorités à renforcer la démocratie et à saisir l’occasion d’accélérer le rapprochement européen. Le résultat des urnes ne tranche pas cette orientation ; les réformes et leur mise en œuvre seront déterminantes.
En bref, au 27 octobre, le fait central est une majorité potentielle de 140 sièges pour la « Student List – Students Win », d’après un relevé encore provisoire. La portée du scrutin dépendra ensuite de deux vérifications distinctes : la confirmation officielle des résultats et la capacité des élus à transformer le mandat en décisions durables, dans un environnement politique dont l’équité reste contestée par les observateurs.