Informations vérifiées le 6 novembre 2026 à 12 h 06 UTC.
La Banque du Canada continuera de viser une inflation de 2 % dans le cadre monétaire renouvelé avec le gouvernement fédéral jusqu’au 31 décembre 2031. Annoncée le 5 novembre 2026, l’entente conserve une fourchette de maîtrise de 1 % à 3 % et donne à la Banque la souplesse nécessaire pour réagir aux chocs économiques tout en ramenant l’inflation vers la cible au fil du temps.
Pour les Canadiens, le changement principal est une confirmation : la stabilité des prix demeure l’objectif premier de la politique monétaire. La Banque et le gouvernement conviennent ensemble du cadre, mais c’est la Banque qui mène ensuite sa politique de façon indépendante, notamment en fixant son taux directeur selon l’évolution de l’économie.
Destaques
- La cible demeure à 2 %, au milieu d’une fourchette de 1 % à 3 %.
- Le cadre renouvelé prend fin le 31 décembre 2031 et conserve une approche symétrique des écarts à la cible.
- La Banque décide de façon indépendante des mesures nécessaires pour poursuivre l’objectif convenu avec le gouvernement.
- Le taux directeur a été porté à 2,5 % le 28 octobre 2026; sa prochaine annonce est prévue le 9 décembre.
Qu’a changé le renouvellement de la politique monétaire?
Le nouvel accord conjoint reconduit les principales caractéristiques du régime canadien de ciblage flexible de l’inflation. La cible de 2 % porte sur la variation sur 12 mois de l’indice des prix à la consommation, ou IPC. L’entente prévoit que la Banque accorde autant d’importance aux écarts au-dessus qu’au-dessous de cette cible.
La fourchette de 1 % à 3 % ne signifie pas que chaque résultat à l’intérieur de ses limites satisfait automatiquement l’objectif : le point visé demeure 2 %. Elle ne garantit pas non plus que l’inflation y restera en permanence. Des événements imprévus peuvent l’en éloigner et la politique monétaire prend du temps à agir.
Le renouvellement concerne le cadre de décision pour plusieurs années. Il ne fixe pas à l’avance le taux directeur et ne constitue pas, en soi, une décision de hausse ou de baisse des taux.
Quel est le rôle de la Banque du Canada dans ce cadre?
La Banque étudie l’évolution des prix, de la demande, de l’emploi et des perspectives économiques, puis choisit les mesures qu’elle juge appropriées pour maintenir une inflation basse et stable. Son principal outil courant est le taux cible du financement à un jour, généralement appelé taux directeur. Elle l’ajuste à des dates annoncées à l’avance et explique ses décisions publiquement.
Le cadre découle d’une entente avec le gouvernement fédéral, réexaminée tous les cinq ans. Cette responsabilité commune quant aux objectifs coexiste avec l’indépendance de la Banque dans la conduite de la politique monétaire. Le gouvernement mène pour sa part la politique budgétaire, notamment les dépenses et la fiscalité : ce sont des leviers distincts de ceux de la banque centrale.
La Banque rend aussi compte de son analyse. Ses communiqués, ses rapports sur la politique monétaire et les résumés des délibérations permettent de comprendre les données et les risques qui ont pesé dans une décision. Les lecteurs peuvent ainsi distinguer l’objectif de long terme, la prévision du moment et la décision effectivement prise.
Pourquoi maintenir une cible d’inflation de 2 %?
Une inflation basse et prévisible facilite la planification des ménages et des entreprises. Elle aide à préserver le pouvoir d’achat de la monnaie et fournit un point de référence pour les attentes de prix. Cela ne signifie pas que tous les prix augmentent au même rythme ni qu’ils reviendront automatiquement à leur niveau antérieur : une inflation plus faible décrit généralement un ralentissement de la hausse du niveau général des prix.
Dans leur déclaration, le gouvernement et la Banque reconnaissent les difficultés causées par les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les changements de demande et les conflits géopolitiques. Selon la Banque, l’épisode de forte inflation a surtout mis en évidence les difficultés d’application du cadre face à des chocs exceptionnels. Elle indique avoir renforcé son analyse des chocs d’offre et de leurs effets sur l’inflation.
La flexibilité du régime aide à tenir compte de la croissance et du marché du travail lorsque la Banque choisit comment ramener l’inflation à la cible. Elle ne supprime toutefois pas les compromis : un choc qui fait monter les coûts tout en ralentissant l’activité peut compliquer le choix du rythme d’intervention. La politique monétaire ne peut pas, à elle seule, accroître directement l’offre de logements ou éliminer une perturbation mondiale de l’énergie.
Comment le cadre guide-t-il les prochaines décisions?
Le contexte immédiat illustre cette difficulté. Le 28 octobre 2026, la Banque a relevé son taux directeur à 2,5 %, invoquant notamment le risque que les prix élevés de l’énergie se transmettent plus largement aux biens et services. Elle a indiqué qu’une hausse supplémentaire pourrait être nécessaire, tout en précisant qu’elle agirait avec prudence compte tenu de l’incertitude.
Dans ses projections d’octobre, la Banque prévoyait une inflation mesurée par l’IPC d’environ 3,5 % à la fin de 2026, puis un retour à 2 % vers le milieu de 2028. Il s’agit de prévisions, non de résultats garantis : l’évolution des prix de l’énergie et la manière dont les entreprises transmettront leurs coûts pourraient modifier la trajectoire.
La prochaine décision sur le taux directeur est prévue le 9 décembre 2026. Pour interpréter cette annonce, il faudra regarder à la fois la décision, les perspectives d’inflation et les risques décrits par la Banque. Le renouvellement confirme l’objectif qui guidera cette analyse, sans prédéterminer son résultat.
FAQ
Qui fixe la cible d’inflation au Canada?
La Banque du Canada et le gouvernement fédéral conviennent ensemble du cadre et de la cible. La Banque mène ensuite la politique monétaire de façon indépendante.
La cible de 2 % signifie-t-elle que tous les prix augmentent de 2 %?
Non. Elle vise la variation annuelle de l’IPC global. Les prix des produits et services individuels peuvent évoluer très différemment.
Le renouvellement annonce-t-il une baisse du taux directeur?
Non. Il établit l’objectif et les principes de la politique monétaire. Les décisions futures dépendront de la conjoncture et de l’évaluation des risques par la Banque.