Informations vérifiées le 6 novembre 2026 à 14 h 16, heure de Paris (UTC+01:00).
En France, un salarié en arrêt maladie peut percevoir des indemnités journalières (IJ) pour compenser une partie de sa perte de salaire, sous conditions. Dans le cas général, elles sont dues à partir du quatrième jour et représentent 50 % du salaire journalier de base, dans la limite d’un plafond.
Au 1er novembre 2026, ce maximum est de 42,97 € bruts par jour pour un arrêt maladie relevant du cas général. Un complément de l’employeur peut s’ajouter aux IJ, selon les conditions légales et les dispositions applicables dans l’entreprise. Ces règles concernent ici principalement les salariés du secteur privé ; d’autres règles s’appliquent notamment aux agents publics et aux travailleurs indépendants.
Destaques
- Les trois premiers jours d’un arrêt maladie ne sont généralement pas indemnisés par l’Assurance maladie.
- Pour un salarié payé au mois, l’IJ brute correspond à 50 % du salaire journalier de base, calculé à partir des trois derniers salaires bruts.
- Le maximum indiqué par l’Assurance maladie depuis le 1er novembre 2026 est de 42,97 € bruts par jour.
- Un complément employeur ou un accord collectif peut améliorer le revenu pendant l’arrêt.
Qui a droit aux indemnités journalières pendant un arrêt maladie ?
Pour être indemnisé pendant les six premiers mois, un salarié doit en principe remplir l’une des deux conditions suivantes à la date de l’arrêt : avoir travaillé au moins 150 heures au cours des trois mois civils ou des 90 jours précédents, ou avoir cotisé pendant les six mois civils précédents sur une rémunération au moins égale à 1 015 fois le Smic horaire applicable au début de cette période.
Ces conditions concernent aussi bien le temps plein que le temps partiel. Certaines périodes non travaillées, notamment des jours déjà indemnisés par la Sécurité sociale, peuvent être assimilées à des heures de travail. Des règles particulières existent pour les activités saisonnières ou discontinues.
Au-delà de six mois d’arrêt, il faut notamment justifier de 12 mois d’affiliation à la Sécurité sociale à la date de l’interruption et remplir une condition supplémentaire d’activité ou de cotisations : 600 heures de travail sur les 12 mois ou 365 jours précédents, ou des cotisations sur une rémunération au moins égale à 2 030 fois le Smic horaire pendant la période de référence. Les détails figurent sur la page de l’Assurance maladie consacrée aux IJ du salarié.
Comment calculer le montant des indemnités journalières ?
Pour un salarié mensualisé, le salaire journalier de base est obtenu en additionnant les trois derniers salaires bruts précédant l’arrêt, puis en divisant le total par 91,25. L’indemnité journalière brute est égale à 50 % de ce résultat. Pour une activité saisonnière, la période de calcul peut être portée à 12 mois.
Exemple : avec 2 000 € bruts par mois pendant les trois mois précédant l’arrêt, le total est de 6 000 €. Divisé par 91,25, il donne un salaire journalier de base d’environ 65,75 €. L’IJ est alors d’environ 32,87 € bruts par jour indemnisé, avant prélèvements et éventuel complément de l’employeur.
Le salaire retenu est plafonné à 1,4 fois le Smic mensuel applicable au dernier jour du mois précédant l’arrêt. Ainsi, une rémunération plus élevée ne conduit pas nécessairement à une IJ plus élevée. Le plafond de 42,97 € bruts par jour est celui publié par l’Assurance maladie pour le cas général à compter du 1er novembre 2026. Pour un arrêt commencé avant le 1er avril 2025, l’ancien plafond de salaire peut rester applicable.
Le montant effectivement reçu est inférieur au montant brut après les prélèvements applicables. Les IJ maladie sont en principe imposables et soumises au prélèvement à la source ; des exceptions existent notamment pour certaines indemnités liées à une affection de longue durée. Le relevé de paiement permet de distinguer les sommes versées et les retenues.
Quand les indemnités journalières sont-elles versées ?
En règle générale, les trois premiers jours constituent un délai de carence : les IJ sont dues à partir du quatrième jour. Si l’arrêt commence un lundi et se poursuit, le premier jour indemnisable est donc le jeudi. Une fois la carence passée, les jours indemnisables sont des jours calendaires : les samedis, dimanches et jours fériés sont compris.
Il existe des exceptions. Par exemple, aucun nouveau délai de carence ne s’applique à une prolongation lorsque la reprise entre l’arrêt initial et sa prolongation ne dépasse pas 48 heures. Pour des arrêts liés à une même affection de longue durée, la carence est en principe retenue seulement pour le premier arrêt sur une période de trois ans. Les arrêts pour accident du travail ou maladie professionnelle obéissent à un régime distinct.
Après traitement du dossier, la caisse primaire d’assurance maladie verse les IJ en moyenne tous les 14 jours. Ce rythme ne signifie pas que le premier paiement arrive automatiquement deux semaines après le début de l’arrêt : il dépend du traitement du dossier. Le compte ameli permet de consulter les paiements et les délais annoncés par sa caisse.
Pendant combien de temps peut-on toucher les indemnités ?
Dans le cas général, l’Assurance maladie peut verser jusqu’à 360 indemnités journalières sur une période de trois ans. Pour une affection de longue durée, l’indemnisation peut se poursuivre pendant trois ans selon les règles applicables. Au-delà de six mois, le maintien des droits suppose notamment de remplir les conditions d’affiliation et d’activité décrites plus haut.
La durée déjà indemnisée et la situation médicale peuvent modifier les droits restants. En cas d’arrêt long ou d’arrêts répétés, il est donc utile de demander à sa caisse un point sur son dossier avant d’anticiper ses revenus futurs.
L’employeur complète-t-il les indemnités journalières ?
Oui, un complément légal peut être dû sous conditions, notamment une ancienneté d’au moins un an. Il existe aussi des conditions liées à la justification de l’absence et à la situation du salarié. En cas de maladie ordinaire, le complément légal commence en principe au huitième jour, après sept jours de carence, sauf disposition plus favorable.
Pour une ancienneté de un à cinq ans, le dispositif légal prévoit en principe 30 jours à 90 % de la rémunération brute habituelle, puis 30 jours aux deux tiers, en tenant compte des IJ. Les durées augmentent avec l’ancienneté et les indemnités complémentaires déjà perçues au cours des 12 mois précédents peuvent être déduites. Une convention collective, un accord d’entreprise ou un régime de prévoyance peut prévoir de meilleures garanties : vérifiez les règles applicables auprès du service de paie.
En cas de subrogation, la caisse verse les IJ à l’employeur, qui maintient tout ou partie du salaire selon les règles applicables. Le salarié peut alors retrouver ces sommes sur son bulletin de paie plutôt que sous forme de virement séparé de la caisse. Les conditions du complément sont détaillées par Service-Public.fr.
FAQ
Un arrêt de trois jours donne-t-il droit à des IJ ?
En principe, non : les trois jours correspondent à la carence. Une exception peut toutefois s’appliquer, par exemple dans certains cas de prolongation ou d’affection de longue durée.
Peut-on toucher les IJ et le chômage en même temps ?
Non. Les IJ maladie ne se cumulent pas avec l’allocation chômage : son versement est interrompu pendant l’arrêt, ce qui reporte les droits correspondants.
Les indemnités journalières sont-elles versées le week-end ?
Oui. Après le délai de carence et si les conditions sont remplies, chaque jour calendaire de l’arrêt est indemnisable, y compris le samedi et le dimanche.