01. Contexte historique
L'indice SMI dans son contexte : ce que le régime actuel valorise réellement.
L'indice SMI doit être perçu comme un appel à la stratégie, et non comme un slogan. La question pertinente est de savoir si la croissance, l'inflation et les conditions de rémunération, telles que vérifiées, justifient une nouvelle hausse, et non si un objectif ambitieux, présenté comme un slogan, paraît attrayant.
| Horizon | Ce qui compte le plus | Évaluation actuelle | Qu'est-ce qui affaiblirait la thèse ? |
|---|---|---|---|
| 1 à 3 mois | Validation macroéconomique et des résultats | L'IPC suisse était de 0,3 % en glissement annuel en mars 2026 et l'inflation sous-jacente de 0,4 %, selon l'Office fédéral de la statistique (OFS). | L'iShares SMI ETF (CH) affichait un ratio cours/bénéfice de 20,79x, un ratio cours/valeur comptable de 3,99x et un rendement sur les 12 derniers mois de 2,58 % au 6 mai 2026. |
| 6 à 18 mois | Les profits peuvent-ils dépasser les frictions liées aux taux d'intérêt ? | D’ici à 2030, l’indice SMI ressemble davantage à un marché de qualité à croissance progressive qu’à un marché cyclique en phase de percée. Un scénario de base réaliste se situe entre 16 562 et 18 706. | Les multiples des primes se contractent tandis que la croissance reste moyenne. |
| D'ici 2030 | L'indice de référence peut-il être composé sans réévaluation majeure ? | Le scénario de base reste étayé par des données | Révisions négatives répétées ou compression de l'évaluation |
Selon les dernières données de la bourse SIX, l'indice SMI a clôturé le mois d'avril 2026 à 13 136,3. L'ETF iShares SMI (CH) affichait un PER de 20,79, un ratio cours/valeur comptable de 3,99 et un rendement sur 12 mois glissants de 2,58 % au 6 mai 2026. Ces deux indicateurs sont importants car ils permettent de distinguer la dynamique brute du cours de la valorisation actuelle payée par les investisseurs.
L'IPC suisse s'établissait à 0,3 % en glissement annuel en mars 2026 et l'inflation sous-jacente à 0,4 %, selon l'Office fédéral suisse de la statistique (OFS). Les dernières données officielles sur le PIB, disponibles à la mi-mai 2026, indiquaient une croissance de 0,2 % au quatrième trimestre 2025. Le SECO prévoyait une croissance du PIB de 1,0 % en 2026 et de 1,7 % en 2027. Pour établir des prévisions jusqu'en 2030, le marché n'a pas besoin de données parfaites. Il lui faut en revanche des éléments probants suffisants pour démontrer que la croissance des bénéfices peut compenser les pressions sur les taux et le risque de concentration.
02. Forces clés
Cinq forces qui comptent le plus à partir d'ici
Le premier facteur est la valorisation initiale. L'ETF iShares SMI (CH) affichait un PER de 20,79, un ratio cours/valeur comptable de 3,99 et un rendement sur 12 mois glissants de 2,58 % au 6 mai 2026. Ce point est important car les rendements futurs dépendent davantage de la publication des bénéfices dès lors qu'un marché n'est plus considéré comme bon marché.
Le second facteur est la conjoncture macroéconomique actuelle. L'IPC suisse s'établissait à 0,3 % en glissement annuel en mars 2026 et l'inflation sous-jacente à 0,4 %, selon l'Office fédéral suisse de la statistique (OFS). Les dernières données officielles sur le PIB, disponibles mi-mai 2026, indiquaient une croissance de 0,2 % au quatrième trimestre 2025 (en glissement trimestriel). Le SECO prévoyait une croissance du PIB de 1,0 % en 2026 et de 1,7 % en 2027. Cette combinaison permet de déterminer si le marché bénéficie d'une croissance réelle, d'un contexte de taux d'actualisation plus favorable, ou d'aucun de ces facteurs.
Le troisième facteur est la composition de l'indice. L'indice suisse de référence, à caractère défensif, reste fortement concentré sur la santé et les biens de consommation courante. Lorsqu'un indice repose fortement sur quelques secteurs ou entreprises, la diversité des leaders est aussi importante que la conjoncture macroéconomique.
Le quatrième facteur est la conviction institutionnelle. Les notes de stratégie publique de 2026 montrent que l'appétit pour le risque en Europe est devenu plus conditionnel, notamment après le choc énergétique de mars. Cela rend plus difficile toute analyse haussière fondée principalement sur une réévaluation.
Le cinquième facteur est l'horizon temporel. Un plan sur un an peut paraître ambitieux, alors qu'une stratégie de flux de trésorerie à plus long terme reste pertinente. C'est pourquoi le schéma ci-dessous associe chaque intervalle à des indicateurs mesurables et à des périodes de suivi, au lieu de prétendre qu'un seul chiffre puisse tout résumer.
| Facteur | Évaluation actuelle | Biais | Déclencheur haussier | Déclencheur baissier |
|---|---|---|---|---|
| Procuration d'évaluation | Un ratio cours/bénéfice de 20,79 et un ratio cours/valeur comptable de 3,99 au 6 mai 2026 | Baissier | Les résultats des secteurs défensifs continuent de justifier la prime | La prime se comprime sans accélération des revenus |
| Régime inflationniste | IPC mars 2026 : 0,3 %, IPC de base : 0,4 % | Haussier | La faible inflation maintient les taux d'intérêt suisses relativement modérés. | L'inflation importée ou la faiblesse du franc modifient la donne. |
| Perspectives de croissance | SECO prévoit une croissance du PIB de 1,0 % en 2026 et de 1,7 % en 2027. | Neutre | La demande extérieure s'améliore sans nuire aux valeurs défensives | Le ralentissement économique mondial frappe simultanément les exportateurs et l'industrie pharmaceutique. |
| Soutien aux dividendes | UBS a cité un rendement du dividende suisse d'environ 3,2 % lors de sa recommandation sur les actions suisses. | Haussier | Le soutien des taux d'intérêt continue d'attirer des capitaux défensifs. | La croissance des bénéfices s'affaiblit suffisamment pour menacer la confiance dans les versements. |
| Concentration | Indice de 20 valeurs à faible diversification technologique | Neutre | Les secteurs de la santé et des produits de première nécessité restent stables, tandis que les valeurs cycliques contribuent à ce phénomène. | Les valeurs défensives voient leur taux de rendement baisser et il n'y a pas de compensation sectorielle plus large. |
03. Contre-étui
Qu'est-ce qui invaliderait la thèse ?
Le scénario pessimiste repose d'abord sur la valorisation et les taux d'intérêt. Si l'inflation persiste et maintient des rendements réels élevés, les marchés actions de qualité supérieure ou à bêta élevé verront leur potentiel d'expansion boursière diminuer rapidement.
Le second mode de défaillance est la déception des résultats. Ces indices ne peuvent tolérer qu'une certaine volatilité macroéconomique si les révisions restent positives. Dès lors que les révisions se détériorent et que les valorisations ne sont plus attractives, les scénarios pessimistes deviennent plus faciles à déclencher.
Le troisième risque est la concentration. Les marchés fortement pondérés en banques, valeurs défensives, semi-conducteurs ou en quelques champions nationaux peuvent paraître diversifiés en apparence, tout en reposant sur un moteur de rentabilité restreint.
| Risque | Dernières données | Pourquoi c'est important | Que faut-il surveiller ensuite ? |
|---|---|---|---|
| Risques multiples premium | Un ratio cours/bénéfice de 20,79 et un ratio cours/valeur comptable de 3,99 au 6 mai 2026 | Cela laisse le marché vulnérable si la croissance défensive déçoit. | Évolution de la valorisation et prévisions de résultats |
| Faible demande extérieure | Dernières données officielles sur le PIB : seulement +0,2 % en glissement trimestriel au T4 2025 | Les exportateurs suisses restent tributaires de la croissance mondiale | Publications du PIB du SECO et données d'exportation |
| Choc de concentration | Petit indice de référence de 20 noms avec une exposition technologique limitée | Peu d'actions peuvent dominer la trajectoire de l'indice. | Actualités sur les secteurs de la santé et des biens de consommation courante pour les grandes capitalisations |
04. Perspective institutionnelle
Qu’apporte réellement le travail institutionnel vérifié ?
Parmi ces quatre indices de référence, seul le SMI fait l'objet d'une analyse publique proposant un scénario clairement défini. UBS a publié un scénario optimiste pour décembre 2026 prévoyant un SMI à 15 000 points et un scénario pessimiste à 10 500 points, puis a relevé sa recommandation sur les actions suisses à « Attractif » fin mars, tout en abaissant celle sur l'ensemble de l'Europe.
Cette combinaison est importante. Elle indique que les stratèges n'étaient pas simplement pessimistes quant à l'Europe ou optimistes quant aux valeurs défensives de manière abstraite. Ils se tournaient explicitement vers le profil de la Suisse, caractérisé par une faible consommation d'énergie, des dividendes élevés et un secteur de la santé fortement dépendant, dans un contexte macroéconomique plus fragile.
| Institution / source | Mis à jour | Ce que cela dit | Pourquoi c'est important ici |
|---|---|---|---|
| Vue de la maison UBS | 30 janvier 2026 | Scénario haussier pour l'indice SMI en décembre 2026 : 15 000 ; scénario baissier : 10 500. | L'une des rares cartes de scénarios publiques spécifiques au référentiel suisse |
| Quotidien du directeur informatique d'UBS | 24 mars - 1er avril 2026 | Les actions suisses ont été relevées à « Attractives », tandis que les marchés européens et de la zone euro ont été abaissés à « Neutre ». | Cela montre que les stratèges payaient pour la qualité défensive et la moindre sensibilité énergétique de la Suisse. |
| Questions et réponses UBS | 24 mars 2026 | Le rendement du dividende suisse, d'environ 3,2 %, a été mis en avant dans le cadre de cette affaire. | Un argument utile expliquant pourquoi les actions suisses peuvent continuer d'attirer des capitaux même sans forte croissance du PIB. |
| SECO | Avril 2026 | La croissance du PIB suisse est prévue à 1,0 % en 2026 et à 1,7 % en 2027. | Cela explique pourquoi les perspectives haussières de l'indice SMI reposent généralement sur une capitalisation de qualité plutôt que sur un boom conjoncturel national. |
05. Scénarios
Scénarios pondérés par la probabilité jusqu'en 2030
Les fourchettes 2030 ci-dessous étendent la valorisation actuelle et le contexte macroéconomique à un corridor à moyen terme. Il s'agit de fourchettes analytiques fondées sur des données vérifiées et des hypothèses stratégiques publiques.
Le scénario de base demeure le scénario de référence car il repose sur les hypothèses les moins optimistes. Le scénario optimiste exige une amélioration macroéconomique ou des résultats avérés. Le scénario pessimiste suppose que le risque de valorisation ou de concentration n'est plus compensé par des données concrètes.
| Scénario | Probabilité | Plage de travail | Déclencheur mesuré | Fenêtre d'examen |
|---|---|---|---|---|
| Taureau | 30% | 19 523 à 21 421 | La qualité suisse continue d'attirer les capitaux mondiaux et les bénéfices restent solides. | Examen annuel et après des changements majeurs de régime macroéconomique |
| Base | 45% | 16 562 à 18 706 | L'indice de référence se capitalise grâce aux soins de santé, aux biens de consommation courante et aux dividendes. | Chaque cycle de déclaration annuel complet |
| Ours | 25% | 12 612 à 13 836 | Les multiples des primes se contractent tandis que la croissance reste moyenne. | Toute année où les résultats sont décevants et la valorisation réévaluée simultanément. |
Ces fourchettes ne visent pas à créer une fausse précision, mais à rendre le processus de décision vérifiable. Si les déclencheurs ne se concrétisent pas, la répartition des probabilités doit être modifiée plutôt que l'analyste ne se contente de défendre l'explication initiale.
Pour les investisseurs déjà positionnés, la question pratique est de savoir si le marché continue de progresser grâce aux résultats des entreprises ou s'il est simplement porté par l'opinion générale. Pour ceux qui n'ont pas encore de position, le choix le plus judicieux reste celui qui s'appuie sur des données concrètes, et non sur un discours rassurant.
Références
Sources
- Chiffres d'échange de SIX et BME d'avril 2026
- page produit de l'ETF iShares SMI (CH)
- Communiqué de presse de l'Office fédéral de la statistique suisse sur l'IPC, mars 2026
- Prévisions économiques du SECO pour la Suisse, avril 2026
- Prolongation du contrat mensuel du directeur des systèmes d'information d'UBS jusqu'au 30 janvier 2026
- Journal quotidien du directeur des systèmes d'information d'UBS, 1er avril 2026
- Questions-réponses d'UBS sur l'Europe et la Suisse, 24 mars 2026